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SOCIOLOGIE DU LEGITIMISME FRANCAIS

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Message par Hervé J. VOLTO le Ven 20 Mar - 9:06





Le Légitmisme Français n'a jamais eu d'unité sociale. Il a bien correspondu cependant à une sensibilité politique ou religieuse uniforme : celle du Catholicisme de Tradition. Mais il n'a pas proposé au-delà de la restauration de l'Aîné des Bourbons de solutions stratégiques de conquête du pouvoir uniforme.

Sur le plan social, le Royalisme du hobereau breton, celui du commerçant marseillais, celui des ouvriers Catholiques du midi, celui de certains magnats de l'industrie comme Benoist d'Azy, sont demeurés Catholiques avant tout et ont défendu jusqu'à aujourd'hui le Catholicisme ulutra-montain, la Royauté universselle de N.S. Jésus-Christ et de Son Sacré-Coeur, le Drapeau Blanc, lunion du Trône et de l'Autel.

Encadré par la Noblesse, le Royalisme a su conquérir depuis le XIX° siècle une partie importante des élites bourgeoises et n'a perdu que lentement des soutiens populaires variés et parfois forts dans certaines régions.



1. La Noblesse Légitimiste.



D'une part, l'essentiel de la Noblesse est plutôt Royaliste au XIX° siècle, d'autre part, les cadres du Royalisme sont majoritairement Nobles ou d'apparence Nobles. Ainsi, entre 1831 et 1876, 60 % des députés du parti Légitimiste ont des noms à consonance Noble. La Noblesse d'Ancien Régime domine mais le parti compte également des noms de l'Empire comme les Ducs de Valmy ou de Reggio, Victor ou Cambronne. La Noblesse Royaliste vivait souvent sur ses terres mais parfois de façon moderniste : le Royaliste agronome est un type répandu, développant des techniques nouvelles, fréquentant les sociétés d'agriculture, contribuant au développement des comices agricoles. Ayant démissionné de leurs postes et charges après 1830, ils se retrouvent à exploiter leurs propriétés.

Nombre d'Aristocrates Légitimistes s'impliquent dans la vie des « affaires », avec une prédilection pour les industries agro-alimentaires, les assurances (La providence, l’Étoile, Le Nord...), la banque (banque Delahante, Union générale, Crédit de France), les mines et la métallurgie (Benoist d'Azy, Robiac...).

L’ordre des Chevaliers de la Foi est une société secrète qui a été fondée en 1810 par le Comte Ferdinand de Berthier de Sauvigny pour défendre le Catholicisme et la Monarchie légitime : il est composé de grands noms de l'Aristocratie Royaliste. Durant la période du Premier Empire, il a pour objectif le rétablissement de la Monarchie Royale Française Très Chrétienne. Celle-ci restaurée, le 18 Novembre 1814, Louis XVIII fait voter la première loi Française sur le repos hebdomadaire.

D'autres Aristocrates, Catholiques par tradition, vont se pencher sur la question sociale en vertu du devoir des classes privilégiées envers les classes les plus humbles. Dans les années qui suivent l‘exil de Charles X, le Vicomte Albin de Villeneuve-Bergeron, préfet du Nord, dans L’Économie politique chrétienne en 1834, attire l’attention sur la misère des ouvriers et le problème social, suivi, à partir de 1838, par Armand de Meulun, fondateur de la Société d’Économie charitable.

Parmi ceux qui ont influencé la pensée du Comte Henri de Chambord, il faut citer Mrg Louis-Edouard Pie, évêque de Poitiers, et Antoine Blanc de Saint-Bonnet qui, jusqu’à sa mort en 1880, dénoncera la démocratie, la politique du grand Capital et le socialisme anti-Chrétien. Le Comte de Chambord rédigera sa LETTRE A M. DE MUN (28 Novembre 1878) pour expliquer aux vrais Catholiques leurs vrais devoirs, défendant le Syllabus de Pie IX.

Ces exemples vont directement profiter, après l’échec de la Restauration, à deux de ceux que l’on considère comme les fondateurs du Catholicisme Social Français, le Comte Albert de Mun (1841-1914) et le Marquis René de La Tour du Pin (1834-1924).

Plus prêt de nous, le Marquis André Le Sage de La Franquerie définiera la caractère Sacré et Divin de la Royauté en France.



2. La bourgeoisie Légitimiste.



Mais les Royalistes ne sont pas tous de Sang Bleu. Si les chefs Vendéen furent d'origine Noble, beaucoups de résistants Contrerévolutionnaires de Vendée furent de simples roturiers se battant " Pour Dieu et le Roi ! ". On va y revenir. Une partie de la bourgeoisie Royaliste du XIX° siècle possède des Légitmistes en son sein. Son rôle n'est pas négligeable dans le parti Royaliste, particulièrement dans les régions de Noblesse rare (Marseille ou le Nord), dans la presse, voire dans les assemblées parlementaires. Le Royalisme est demeuré minoritaire dans les couches bourgeoises jusqu'à Sedan, sauf dans certaines régions. C'est l'accablement de la défaite, l'angoisse provoquée par la Commune, la montée de l'inséparatisme du religieux et politique qui ont conduit après 1870 la bourgeoisie Catholique à se rallier au Comte de Chambord.

Les liens entre Catholicisme ultramontain et Royalisme ne cessent de se renforcer au XIX° siècle.



3. Le peuple Légitimiste.



Le Légitimisme populaire n'est le fait de la seule paysannerie traditionnelle de l'Ouest, Catholique et encadrée par une Noblesse nombreuse et bien enracinée. La Noblesse peut d’ailleurs n'avoir parfois que peu d'influence sur la paysannerie même quand elle est nombreuse et Royaliste comme dans le Sud-Ouest. Le fait est que le Légitimisme a toujours bénéficié d'un soutien populaire dans plusieurs régions. Dans tous les complots, dans toutes les structures clandestines, dans toutes les souscriptions organisées par la presse, on trouve des ouvriers et des artisans. Si on laisse de côté le Royalisme de la paysannerie de l'Ouest bien connue, celui des basses classes urbaines du midi est manifeste. Parfois l'antagonisme entre manufacturiers protestants et ouvriers Catholiques peut être mis en avant pour expliquer ce phénomène. Mais il existe dans d'autres contextes : à Marseille, les artisans, les ouvriers du port, les poissonniers, les portefaix, les pêcheurs sont tous Royalistes au début du XX° siècle. Ce Royalisme populaire, inquiétant pour les gouvernements, débordant parfois sur les campagnes, est un encouragement pour l'école Légitmiste de Genoude qui eut d'ailleurs davantage de succès dans le Midi que dans l'Ouest.

Les résistants Contrerévolutionnaires du Conseil Supérieur de l’Armée Catholique et Royale de Vendée, fidèles de la Tradition Catholique -Testament de Saint-Rémy oblige- ne sont Noble que parmi les chefs et militent activement pour tenter de restaurer les principes politiques qui ont façonné la « Chrétienté » : Religion Catholique d’Etat, doctrine et Règne du Christ-Roi, Syllabus (qui sera définit plus tard), et s’opposent à ceux de la Révolution dite Française (de 1789), du libéralisme, du modernisme et du progressisme, dans l’Église.

A partir de l’exil de Charles X en 1830, le Légitimisme est le mouvement politique Français favorable au rétablissement de la Royauté Très Chrétienne de Droit Divin dans la personne de l’Aîné des Capétiens, donc le chef de la Maison de Bourbon, prévu par les Lois Fondamentales du Royaume de France, et opposé à ce qu’ils voient comme la laïcisation et à un droit non-Divin de l’Orléanisme. Pour beaucoup de ces Catholiques le sceau et l’emblème de la contre-révolution est la dévotion au Sacré-Coeur qu’ils arborent dès les guerres de Vendée sur le Drapeau national avec la devise « Espoir et salut de la France » : le Général de Sonis en fera son drapeau.
Survivantistes, Parmistes et Providentialistes sont des Néo-Légitimistes.

Après l’éclosion, dans les années 1980, de nombreuses associations culturelles proches des Légitimistes qui abandonnent le Fusionisme à cause du ralliement du Comte de Paris à François Mitterrand en 1983 : le Légitimisme, le Survivantisme, le Providentialisme, le Régentisme, entreprennent chacun de recréer après les évènements du Bicentenaire un grand mouvement politique Royaliste traditionaliste : ce mouvement reprend toute la tradition Catholique défendue par le Comte de Chambord et le Royalisme historique, une tradition qui restaure le droit dynastique de France et qui s’oppose aux idéologies filles de la Révolution, tout en s‘intéressant à la question sociale et à la défense de la doctrine sociale de l'Eglise, de l’identité Chrétienne de la France, relevant le parallèle existant entre le déclin progressif de la France et l’abandon par celle-ci de sa vocation Catholique.



Conclusion.



L’intérêt pour la Monarchie augmente à mesure que la République éloigne la Nation du Bien Commun.

Chez nous, c’est un Aristocrate, le Comte Maurice d’Andigné, qui a le mieux défini le Royalisme Français :

-Avant d’être Royaliste, je suis Catholique et Français. Je dirai même que je suis Royaliste parce que Catholique et Français !

Etant donné la volonté de maintenir la France debout, il faut conclure à la Catholicité. Et en France, il ne peut y avoir de Catholicité sans Royauté Très Chrétienne et il ne peut y avoir de Royauté Légitime sans Catholicité.




Hervé J. VOLTO, CJA
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