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Le Pape au Maroc

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Message par florence_yvonne le Mar 2 Avr - 18:42

Enfin, cela fait un ans et demi que je ne l'ai pas vu, et notre prochaine rencontre n'est pas d'actualité.

Il y a trois semaines j'ai essayé de l'appeler pour prendre de ses nouvelles, je suis tombée sur sa messagerie, j'attend toujours qu'il me rappelle.

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Message par Lysliane le Mar 2 Avr - 18:44

Je vois .....

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Message par ganem le Jeu 4 Avr - 14:17

REQUETE CARLISTE a écrit:Le dialogue reste important sinon c'est l'affrontement totale.
il ne faut pas voir forcément en chaque musulman un ennemi.
N'oubliez pas que sans l'appuie de certains musulmans, il n'y aurait plus de chrétiens orientaux dans leurs pays d'origines.

On peut même penser que l'un des buts ultime des USA est de faire de cette zone, une terre sans présence chrétienne réelle pour ne laisser que leurs amis juifs et sunnites en place.

Il faut distinguer entre le vrai musulman et le né musulman.

Le né musulman peut ne garder de l'islam que quelques rites comme ne pas manger du porc, ne pas boire du vin mais il n'est pas accroché au Saint Coran qui n'est pas sa lecture favorite.

Le vrai musulman croit que le Saint Coran vient d'Allah et qu'il vaut mieux Lui obéir qu'obéir à la gueuse.

C'est indépendamment de l'ethnie, un français de souche encoranisé peut vous égorger sans frémir.
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Message par ganem le Mar 30 Avr - 16:55

Le pape François, un islamiste comme les autres?

Spoiler:
A trop vouloir la paix, le pape François est prêt à tout accepter des islamistes
par Aurélien Marq - 30 avril 2019

Le Pape au Maroc - Page 2 Pape-francois-islam-abu-dhabi-al-azhar
Le pape François embrasse le cheikh Ahmed Al-Tayeb lors de leur rencontre à Abu Dhabi, février 2019. Photo: Andrew Medichini/AP/SIPA / AP22298456_000066
A trop vouloir la paix, le pape François est prêt à tout accepter des extrémistes. La déclaration qu’il a cosignée, le 4 février, à Abu Dhabi avec le Grand imam d’Al Azhar porte en elle les germes de l’islamisme.

« L’Enfer est plein de bonnes volontés », disait Saint Bernard de Clairvaux. Le pape François ferait bien de méditer cette réflexion du guide spirituel des Templiers. Car c’est à des choses terribles qu’il ouvre la porte dans la déclaration qu’il a cosignée le 4 février avec le Grand imam d’Al Azhar à l’occasion de la conférence mondiale des religions à Abu Dhabi.

J’ai d’abord découvert avec espoir ce « document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune », agréablement surpris par plusieurs affirmations audacieuses et bienvenues. Mais au fur et à mesure de ma lecture, un indéfinissable malaise me gagnait.
Par-delà les belles paroles

Allons ! Peut-être étais-je trop méfiant ? Trop ancré dans le contexte européen, au détriment d’une vision plus globale ? Peut-être, tout simplement, ce texte bousculait-il mes certitudes ? J’ai voulu préciser mes impressions, grâce aux discours des signataires lors de cette conférence d’Abu Dhabi. A la lecture de celui du Grand imam Ahmed Al-Tayeb, mon malaise s’est précisé, et amplifié.

Les ambiguïtés, les bizarreries du document signé par les deux chefs religieux s’expliquaient. Sous couvert de rejet commun de la violence, le pape François cautionnait en fait plusieurs points clefs de l’idéologie islamiste, approuvant la condamnation en bloc des Lumières et affirmant l’infériorité spirituelle de l’Occident sur le monde musulman.

Il y a pourtant des choses remarquables dans cette déclaration. L’invitation faite à tous les croyants à voir dans l’autre « un frère à soutenir et à aimer ». L’invocation de « la liberté, que Dieu a donnée à tous les êtres humains, les créant libres et les distinguant par elle ». L’appel à ce que la fraternité entre croyants se fasse aussi « entre croyants et non-croyants ». Et cette très belle formule : « Dieu, le Tout-Puissant, n’a besoin d’être défendu par personne et ne veut pas que Son nom soit utilisé pour terroriser les gens. »

Que demander de plus ? Ne faudrait-il pas se réjouir des gestes de paix et de dialogue, sans être trop regardant ? Surtout ces derniers temps quand, malgré ses hontes, ses blessures, les persécutions qu’elle subit (mes pensées vont en particulier aux victimes du terrible attentat multiple au Sri Lanka), l’Église invite à la joie confiante de Pâques ? Mais certains compromis sont compromissions, et Churchill nous rappellerait que la paix n’est pas toujours le meilleur choix. Le bon pasteur sait la vertu d’espérance et l’abandon entre les mains du Seigneur, mais ne démissionne pas de son devoir de vigilance lorsque les loups rôdent autour du troupeau.
« Les religions n’incitent jamais à la guerre »

Comment ne pas être gêné en lisant que « le dialogue entre les croyants (…) consiste aussi à éviter les discussions inutiles » ? Fuyons les sujets sensibles !

Que penser d’un texte qui ne cesse de parler « des religions » mais ne définit jamais ce terme ? Au sens large, « religions » regroupe la non-violence jaïne et les sacrifices humains des Aztèques. Si le sens est moins large, il faut le préciser. Sinon, comment comprendre l’idée que « le terrorisme détestable (…) n’est pas dû à la religion (…) mais est dû à l’accumulation d’interprétations erronées des textes religieux, aux politiques de faim, de pauvreté, d’injustice, d’oppression, d’arrogance ». « Les religions n’incitent jamais à la guerre (…). Ces malheurs sont le fruit de la déviation des enseignements religieux » ? La sourate 9 serait donc une déviation de l’islam ? Perspective stimulante, mais je doute qu’Al Azhar l’assume jusqu’au bout !

Reste la très désagréable impression qu’il s’agit juste une fois encore d’exonérer « les religions » de leur part de responsabilité dans le terrorisme qui se réclame d’elles, de rejeter la faute sur tout et n’importe quoi pour en dédouaner les doctrines originelles. On espérait un appel à la responsabilité, on ne trouve que le lâche déni habituel, qui confond les religions telles qu’elles sont avec le meilleur de ce qu’elles pourraient être, pour mieux esquiver les remises en cause nécessaires et tenter d’échapper au titanesque travail de (re)construction qui s’impose. Combien plus lucides et courageuses sont les analyses de ces musulmans qui osent voir ce qu’ils voient ! Abdennour Bidar par exemple, qui écrivait en 2017 : « Au lieu de répéter de façon stérile que le « vrai islam » respecte les droits de l’homme et du vivant, nous (…) nous mobilisons pour construire une nouvelle culture islamique qui soit véritablement l’expression de ce respect ! » C’est vers de tels hommes que le souverain pontife devrait se tourner pour un dialogue islamo-chrétien qui ait enfin du sens ! Mieux que personne, il sait ou devrait savoir que la contrition doit précéder le pardon, sinon les crimes recommencent bien vite. Les islamistes ne respectent que ceux qui se font respecter. Ils n’interprètent pas les mains tendues comme des gestes de paix et des dons, mais comme des aveux de faiblesse qui les encouragent à revendiquer toujours plus, à imposer toujours plus.
Ne nous laisse pas entrer en « discussions inutiles »

L’indispensable réforme de l’islam ne peut venir que des musulmans eux-mêmes, mais leurs interlocuteurs ont le devoir de leur faire sentir son urgence et sa nécessité, de leur refuser le confort des excuses faciles, de leur tendre le miroir implacable de la lucidité. Tout ce qui donne des arguments à l’islam pour « continuer comme d’habitude » est une trahison envers les musulmans humanistes et réformateurs, et un crime abject. Car ce sont les victimes des attentats commis au nom de l’islam, ce sont tous ceux et toutes celles qui partout dans le monde sont privés de leurs droits fondamentaux au nom de l’islam, qui paient le prix du manque de fermeté qu’encourage François.

L’éloge de la « liberté de croyance, de pensée, d’expression et d’action » est fort. Et l’apostasie ? Affirmer que « le pluralisme et les diversités de religion, de couleur, de sexe, de race et de langue sont une sage volonté divine » est un extraordinaire appel à la tolérance, mais placer sur le même plan religion et couleur de peau ne suggère-t-il pas que la religion serait héritée plutôt que choisie ? Pourquoi ne pas parler explicitement du droit de changer de religion, presque toujours nié dans les pays musulmans ? Cela aurait levé toute imprécision, donnant sa pleine mesure à ce qui pourrait être une sublime avancée. Alors pourquoi ne pas l’évoquer clairement, sinon pour esquiver ce sujet, fondamental pour la liberté humaine mais si difficile pour l’islam ? « Discussion inutile » ?
« L’extrémisme athée et agnostique »

Que signifie « l’extrémisme athée et agnostique » ? Ne faudrait-il pas d’abord condamner les pressions brutales et les persécutions sanglantes dont souffrent athées et libres-penseurs dans le monde musulman, avant de présenter l’athéisme et le matérialisme comme grands responsables des problèmes d’aujourd’hui ? Plutarque, il y a longtemps, avait une réflexion d’une toute autre portée. S’il désapprouvait l’athéisme, le prêtre d’Apollon avait compris1 que les religions elles-mêmes en sont la cause principale, dès lors qu’elles ne sont pas à la hauteur des exigences de la pensée rationnelle et de l’éthique, poussant à dire « plutôt aucun dieu que ce dieu-là ».

« Libérer [la femme] des pressions historiques et sociales contraires aux principes de sa foi et de sa dignité » veut-il dire encourager les musulmanes à s’émanciper au nom de leur dignité, ou rejeter l’incitation à le faire, vue comme une pression contraire aux principes de leur foi ?

L’absence de toute mention explicite des religions polythéistes est problématique, ne serait-ce que si l’on songe à la situation des Yézidis, aux tensions entre musulmans et hindous, bouddhistes, animistes. Sans oublier les chrétiens trinitariens que les islamistes voient comme des polythéistes, justifiant leur mise à mort puisque le Coran exige que l’on tue les « associateurs ».
Objectif Dieu

Affirmer que « le premier et le plus important objectif des religions est celui de croire en Dieu, de l’honorer et d’appeler tous les hommes à croire que cet univers dépend d’un Dieu qui le gouverne » est anthropologiquement contestable et théologiquement douteux. En tout cas, celui qui a dit « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites » 2semble attacher bien plus d’importance à la charité envers les plus fragiles qu’à la croyance en sa divinité…

Quant à la faim dont souffrent des millions d’enfants, il est hypocrite de s’en indigner sans même évoquer l’explosion démographique qui prend à la gorge les pays concernés, se déverse sur le reste du monde, et est l’une des grandes catastrophes humaines, civilisationnelles et écologiques de notre temps. L’Église condamne toujours la contraception, je crois ?
Les « remèdes » de l’Orient et les « maladies » de l’Occident

Abordons maintenant l’un des points les plus problématiques du texte, qui ressemble terriblement à une démission de François devant l’islamisme. Si la déclaration reste floue sur ce que l’Orient pourrait trouver de bénéfique dans la culture de l’Occident, elle affirme en revanche que « l’Occident pourrait trouver dans la civilisation de l’Orient des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles et religieuses causées par la domination du matérialisme ».

Passons rapidement sur la mention des « différences religieuses, culturelles et historiques qui sont une composante essentielle dans la formation de la personnalité, de la culture et de la civilisation orientales », qui semble surtout servir à refuser toute portée universelle aux libertés gagnées, parfois au prix du sang, par les peuples occidentaux. Ces derniers jours, le Sultanat de Brunei a rétabli la lapidation des adultères et des homosexuels, conformément à la charia et en son nom. Condamné par l’Europe, le sultan lui réclame « du respect, de la tolérance et de la compréhension » au nom de « ses valeurs traditionnelles » ! Tolérer l’horreur sous prétexte qu’elle serait traditionnelle n’est pas de la tolérance, mais de la lâcheté ou de l’indifférence.

Par ailleurs, les signataires oublient que « l’Orient » est immense et varié, et que parler de « la civilisation de l’Orient » est un non-sens. Quand bien même on admettrait que « Orient » veuille dire ici « monde musulman », de quelle civilisation parle-t-on ? De la Turquie d’Erdogan ? De l’Arabie saoudite wahhabite ? De l’Iran des mollahs ? De Brunei et de ses fameuses valeurs ?
La grande pauvreté spirituelle de l’islam moderne

Il faut voir aussi la tragique pauvreté spirituelle de l’islam moderne, du moins de l’islam institutionnel, officiel. Obsédé par le contrôle des mœurs, cloué au sol par le littéralisme coranique, il se préoccupe souvent plus de hijab que de transcendance ! On est loin des fulgurances lumineuses de Sohrawardi, de la lucidité d’Ibn Khaldoun et de la profondeur de Mulla Sadrâ. Il y a dans l’islam contemporain des penseurs magnifiques et à la foi sincère, Abdennour Bidar que j’évoquais en est un exemple francophone, mais hélas ils ont souvent beaucoup moins d’audience que l’imam de Brest quand il prétendait qu’écouter de la musique transforme en singe ou en cochon.

Il n’y a qu’à parcourir les forums de discussion dédiés sur internet, regarder Al Jazeera ou lire un florilège de fatwas sur les concombres pour constater d’étranges idées fixes, d’ailleurs partagées par nombre de « savants » d’Al Azhar : horaires des prières, longueur des jupes et des pantalons, hallal et haram en matière d’épilation, si un musulman a le droit de serrer la main d’un incroyant, quel jour il faut jeûner pour avoir le plus de bons points lors du Jugement dernier, les maladies vues comme châtiment des péchés, la sorcellerie, et évidemment la condamnation sans appel d’un adolescent pour une blague sur internet. Et c’est là que le pape voudrait que l’Occident trouve « des remèdes pour certaines de ses maladies spirituelles » ? Soyons sérieux !
Les musulmans, victimes du 11 septembre ?

Pour mieux comprendre ce passage, il faut nous tourner vers le discours d’Ahmed Al-Tayeb, qui se présente lui-même comme un commentaire du « Document de fraternité humaine ».

Au sujet du 11 septembre 2001, le Grand imam parle d’un « attentat à cause duquel l’islam et les musulmans ont payé un prix très élevé : plus d’un milliard et demi de musulmans ont été pris en otage par quelques individus dont le nombre ne dépasse pas les doigts des deux mains ». Heureux d’apprendre que les membres d’Al Qaïda, de l’Etat islamique, de Boko Haram et consorts, sans oublier nos radicalisés, sont si peu nombreux ! Rien que le 11 septembre, il y avait 19 terroristes dans les avions… et des milliers de victimes ayant réellement payé un prix très élevé. La licence poétique est une chose, l’aveuglement volontaire en est une autre.
« La révolution contre Dieu » et « la misère de l’homme moderne »

« Le sujet le plus important, sur lequel nous sommes tombés d’accord, est que les religions divines sont complètement innocentes de tous mouvements et groupes armés, appelés récemment terrorisme, quelles que soient leurs religions, leurs doctrines ou leur pensée », assure le document. « Nous avons également convenu que les religions sont unanimes pour interdire l’effusion du sang. » Encore le déni et le refus irresponsable de l’autocritique. Lorsque le prophète de l’islam appelait Khalid ibn al-Walid « glaive dégainé de Dieu » et l’envoyait combattre, c’était contraire à sa religion ? Suivent des références à Moïse, Issa (Jésus) et Mohammed conclues par « vous remarquerez l’unité du discours divin et de son sens, l’unité des tribunes à partir desquelles ces trois vénérés prophètes se sont adressés au peuple » puis « de là, il est parfaitement faux de dire que les religions sont le berceau des guerres ». C’est clair, l’expression « les religions » désigne donc uniquement le judaïsme, le christianisme et l’islam. Les autres confessions apprécieront, en même temps que nous apprécions la confusion faisant de l’islam une continuité du judaïsme et du christianisme, alors qu’il ne reconnaît d’elles que des versions réinventées selon ses dogmes, radicalement différentes de ce que sont vraiment ces religions.

Ahmed Al-Tayeb condamne le matérialisme et les revendications « d’une liberté sans limite », ce qui est assez naturel et non dénué de fondement en soi. Mais il rejette surtout le fait de « prendre l’histoire à témoin », « l’éloignement de la religion de toute ingérence dans les questions de société », et « le remplacement de la religion par les sciences expérimentales ». Il poursuit : « Trois siècles après la révolution contre Dieu et contre les religions divines, le résultat en est catastrophique à tous les niveaux et s’incarne dans la misère de l’homme moderne, que nul ne peut nier. »
Les guerres de religion n’ont rien à voir avec les religions

Ce n’est rien de moins qu’une condamnation de l’analyse historico-critique, de la rationalité, de la laïcité et des Lumières, rendues responsables de tous les malheurs du monde. La nuit de la Saint Barthélémy ou le massacre des Mutazilites par les Hanbalites, c’était le bon temps… Quant au rejet des sciences expérimentales au profit de la révélation religieuse, c’est bien selon cette logique que des chrétiens fanatiques saccagèrent la grande bibliothèque de l’Université d’Alexandrie, où Eratosthène calculait il y a deux millénaires la circonférence de la Terre, où Héron construisait des automates à vapeur 16 siècles avant la révolution industrielle. C’est selon cette logique que des musulmans la brûlèrent : ce qui contredit le livre saint est faux, ce qui le répète est inutile. Ainsi fut détruit un authentique miracle intellectuel, rencontre féconde entre Orient et Occident.

Et le Grand imam de répéter : « Quant aux guerres lancées au nom des religions, qui ont massacré des gens sous leurs étendards, les religions n’en sont pas responsables et ne peuvent en rendre compte. » Dire que les religions ne peuvent pas rendre compte de ce qui se fait en leur nom, et parfois en parfaite conformité avec les doctrines clairement exposées dans leurs livres saints, c’est dire que nul ne peut leur demander des comptes. C’est les placer au-dessus de toute exigence et de toute critique sans que jamais elles n’assument leurs responsabilités. C’est leur autoriser ce que, pour la plupart des théologies du monde, les dieux eux-mêmes ne se permettent pas ! Terrible exemple d’une religion qui en arrive à s’idolâtrer elle-même…
« Si des lois vous pousse à contrevenir à votre charia… »

« Je m’adresse également aux musulmans de l’Occident », poursuit Ahmed Al-Tayeb. « Si des lois sont issues dans un sens qui vous pousse à contrevenir à votre charia, ayez recours aux voies juridiques. Elles sont garantes de la restitution de vos droits et de la protection de votre liberté. » On croirait les Frères musulmans : pas de violence au début, mais gagner en influence. Utiliser les libertés garanties par l’Occident pour imposer progressivement la charia, présentée comme un droit qui devrait être restitué, ce qui signifie implicitement que les musulmans d’Occident en auraient été injustement dépossédés. Notons l’asymétrie : alors que la déclaration insistait sur la nécessité de respecter les particularismes de l’Orient face à l’universalisme occidental, les musulmans d’Occident sont invités à faire entrer la charia dans la législation des pays où ils vivent…

Tout ceci achève de se dévoiler en une dernière référence : « Apprenez à vos enfants le contenu de ce document car c’est une prolongation du pacte de la Médina et du sermon sur la montagne. » Dans la geste traditionnelle du prophète, le « pacte de la Médina » est la brève mise par écrit des règles de l’alliance de tribus autour de Mohammed à Médine, alors appelée Yathrib. Ce pacte donne certes la possibilité aux juifs de continuer à pratiquer leur culte, mais leur impose une infériorité qui deviendra plus tard le statut de dhimmi, et on sait que la coexistence à Médine ne sera que temporaire et se terminera dans le sang. Surtout, ce pacte impose de reconnaître Mohammed comme un prophète sinon le prophète, l’institue arbitre suprême des désaccords entre signataires, et constitue une alliance militaire contre ceux qui refusent son statut de messager d’Allah. C’est à partir de Médine que les versets du Coran seront de moins en moins spirituels, et de plus en plus oppressants, intolérants et conquérants. Le pacte de Yathrib, dont le document cosigné par François et Ahmed Al-Tayeb serait donc une « prolongation », marque en fait le tournant théocratique de l’islam, consacrant la subordination de l’autorité politique à l’autorité religieuse.
Elle court, elle court la maladie de l’Amour…

Sous couvert d’appel à la paix, le pape a cru bon de valider plusieurs piliers de la propagande de l’islam littéraliste théocratique, ou islam politique, islamisme. Adhésion, aveuglement, stratégie ? Dans tous les cas, l’Europe est sacrifiée aux ambitions hégémoniques des islamistes.

Oui, l’Occident a grand besoin de renouer avec le sens du sacré pour échapper à l’emprise du mercantilisme nihiliste et de la réification des êtres. Mais le sacré n’est pas seulement religieux, il ne faut pas non plus le confondre avec les nouvelles « vaches sacrées » du politiquement correct, et il y a d’autres menaces : islamisme, dislocation communautariste, racialisme, obscurantisme.

Oui, il y a dans l’islam des interlocuteurs avec lesquels bâtir la fraternité et la paix, dans la responsabilité et la vérité. Oui, il y a dans le vaste Orient, y compris dans le monde musulman, des personnes et des convictions dont l’Occident ferait bien de s’inspirer en complément de ses propres traditions. Mais le Grand imam d’Al Azhar et son idéologie n’en font manifestement pas partie !


Dernière édition par ganem le Jeu 2 Mai - 14:04, édité 1 fois
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Message par florence_yvonne le Mer 1 Mai - 12:09

Plutôt que de nous imposer ce pavé indigeste, tu aurais pu nous donner le lien vers le site où tu l'as trouvé.

https://www.causeur.fr/pape-francois-islam-abu-dhabi-tayeb-161018

Ne pas le faire revient à s'approprier le texte et cela s'appelle du plagiat et c'est illégal.

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Message par ganem le Jeu 2 Mai - 14:01

florence_yvonne a écrit:Plutôt que de nous imposer ce pavé indigeste, tu aurais pu nous donner le lien vers le site où tu l'as trouvé.

https://www.causeur.fr/pape-francois-islam-abu-dhabi-tayeb-161018

Ne pas le faire revient à s'approprier le texte et cela s'appelle du plagiat et c'est illégal.

Ce n'est pas ma faute si tu ne sais pas lire. Le titre est un hyperlien qui envoie à Causeur puis je t'invite à m'ignorer puisque tu m'as censuré et banni de ton forum.
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Message par florence_yvonne le Jeu 2 Mai - 16:57

Sous quel pseudo je t'ai banni ? et pour quelle raison ?

Je ne lis jamais les pavés qui n'en finissent plus.

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Message par ganem le Jeu 2 Mai - 17:17

florence_yvonne a écrit:Sous quel pseudo je t'ai banni ? et pour quelle raison ?

Je ne lis jamais les pavés qui n'en finissent plus.

Pour ne pas lire mes pavés qui n'en finissent pas, fais moi le plaisir de me mettre dans tes ignorés.
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Message par florence_yvonne le Jeu 2 Mai - 17:25

ganem a écrit:
florence_yvonne a écrit:Sous quel pseudo je t'ai banni ? et pour quelle raison ?

Je ne lis jamais les pavés qui n'en finissent plus.

Pour ne pas lire mes pavés qui n'en finissent pas, fais moi le plaisir de me mettre dans tes ignorés.

Non, je veux savoir sous quel pseudo et pour quelle raison tu as été banni.

Mais si tu me mets dans tes ignorés, je n'en ferais pas une maladie.

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Message par ganem le Jeu 2 Mai - 18:35

C'est à propos de ce texte:

florence_yvonne a écrit:Quelle éducation a eu Aïcha ?

Tu vas tout savoir sur Aïcha mais c'est long, je mets en spoiler. Ne le liront que les intéressés.

Spoiler:
Originaire de la Tribu des Kinana, Aïcha était née environ 9 années avant l'Hégire, alors que la Révélation avait débuté depuis environ 3 ans. Elle était la fille d'Abû Bakr, ami fidèle et Compagnon le plus proche du Prophète qu'on appelait «As-Siddîq » (le véridique). C'est en compagnie de celui-ci que le Prophète accomplit l'Hégire vers Médine. Abu Bakr était marchand de vêtements à la Mecque.

La mère de Aïcha, Um Rummân, était la fille de Umayr ibn Amr. Elle fut - avec son époux - parmi les premiers musulmans dès la première année de la Révélation et connut toutes les persécutions menées contre les fidèles de la nouvelle religion. Elle fut très active aux côtés de son époux et le Prophète lui annonça qu'elle aurait une place aux Paradis. Elle mourut avant la disparition de l'Envoyé d'Allah et ce fut lui qui la déposa dans sa tombe. Aïcha nous a rapporté : « Je n'ai pas connu mon père et ma mère autrement que pratiquant la religion musulmane. »

Outre son frère 'Abdallah, Aïcha avait une demi-sœur, Asmâ, fille d'Abû Bakr.

En ce qui concerne le mariage du Prophète avec Aïcha , on nous rapporte que l'Envoyé d'Allah vit en rêve l'Ange Gabriel lui présenter un morceau d'étoffe dans lequel quelque chose était enveloppé.

Le Prophète lui demanda : « Qu’est-ce ? » et l'Ange Gabriel lui répondit : « Ta femme ! » En soulevant un coin de l'étoffe, il découvrit la jeune  Aïcha. Ce message lui parvint comme un ordre divin. Il se rendit donc chez son ami Abu Bakr pour lui demander la main de sa fille, que ce dernier lui accorda avec joie. On situe cet événement aux alentours de l'an 3 avant l'Hégire (620 ap. J. C.).

Aïcha avait déjà été demandée en mariage par une famille de polythéistes, mais ceux-ci se mirent à craindre qu'en mariant leur fils avec  Aïcha , il n'embrasse également la nouvelle religion et abandonne leurs traditions. Ils furent donc extrêmement contents lorsqu'une opportunité leur permit de renoncer à cette union. [...]

Le jour où elle entra dans la Maison du Prophète , les choses se déroulèrent avec la plus grande simplicité, le repas de noces également. Ce jour-là, il n'y avait dans la maison qu'un bol de lait. L'Envoyé d'Allah en but une gorgée, donna le bol à Aïcha qui en but également une gorgée, ainsi que les quelques autres personnes présentes. On était au mois de Shawwâl.

Aïcha fut installée dans son appartement dont l'unique porte donnait sur la mosquée et fermait par un simple rideau.  Le mobilier consistait en un matelas, un oreiller de fibres de dattiers, un tapis, deux jarres, l'une pour les dattes, l'autre pour la farine, ainsi qu'une cruche pour l'eau et un bol. Il y avait aussi une lampe à huile, qui, faute d'huile, ne fonctionnait pas souvent.  Nous avons vu que le mobilier de chacune pouvait être différent en raison de ce qu'elles avaient apporté avec elles ou reçu en cadeau de leurs familles.

C'est la seule femme vierge que le Prophète épousa, toutes les autres Épouses avaient été déjà mariées et étaient devenues veuves.  On nous rapporte que Aïcha était jolie. Dinet écrit qu'elle était gracieuse, très spirituelle et instruite. Plus tard, Aïcha devait dire que parmi les Épouses, certaines étaient plus belles, en particulier Zaynab, Juwayriya et Safiya (Qu'Allah soit satisfait d'elles).

Nous savons que Aïcha fut, après Khadîja , l'Épouse préférée du Prophète . Mais elle n'était pas la « préférée » pour sa seule beauté, ni sa jeunesse, mais plutôt pour son intelligence et la vivacité de son esprit. Aïcha a été choisie par "destin d'Allah" ; Allah est Le plus Savant ! Sa jeunesse était précisément un atout majeur pour la mission qu'elle allait devoir remplir tout au long de sa vie, comme nous le verrons plus loin.

On nous rapporte qu'un Compagnon posa la question au Prophète :  « Qui aimez-vous le plus ? » - « Aïcha, répondit-il » - « Pour les hommes, précisa-t-il. » - « Le père de Aïcha ! » - « Et après lui ? » - « 'Umar ibn Al-Khattâb. » Puis, il énuméra d'autres personnages.» [Rapporté par Bukhârî]


II avait besoin d'une femme jeune, intelligente et enthousiaste, capable d'assimiler et d'interpréter les lois de l'islam auprès des femmes. Or, dès sa plus petite enfance, elle voyait le Prophète pratiquement chaque jour, lorsqu'il rendait visite à son ami Abu Bakr, dans sa maison, lui transmettant, au fur et à mesure, les versets du Coran qui lui étaient révélés par l'Ange Gabriel. Ils évoquaient également ensemble les différents événements concernant la Communauté des musulmans.  Elle était vive et intelligente, nous l'avons dit, et elle apprit donc, dès son jeune âge, de la bouche même du Prophète , au fur et à mesure de la Révélation et des événements, tant avant qu'après son mariage, tout ce qu'elle devait savoir pour la mission d'enseignante qui allait lui incomber tout au long de sa vie.

Elle avait les qualités requises et, en raison de sa jeunesse qui la rendait assez perméable, elle était davantage susceptible de recevoir et de retenir, pour ensuite retransmettre les enseignements de l'islam. Elle était encore jeune au moment de l'Hégire. Cependant, chacun était unanime à dire que nul ne pouvait mieux raconter tous les détails de l'Émigration, même plusieurs années après. Toute jeune fille qu'elle était alors, elle participa avec sa sœur Asmâ aux préparatifs secrets destinés au voyage du Prophète et de son père Abu Bakr. Plus tard, lorsqu'elle fut entrée dans la Maison de l'Envoyé de Dieu, son éducation se poursuivit.

Dès qu'il rentrait, elle lui posait des questions. Lorsqu'il parlait aux gens dans la mosquée, elle se tenait auprès de la porte de son appartement, écoutant ce qu'il disait afin de profiter de son enseignement. C'est notamment par le fait de toutes les questions qu'elle posait à l'Envoyé d'Allah que nous sont parvenus bon nombre d'enseignements et de traditions.

Il nous a été rapporté que son savoir était égal à celui de tous les Compagnons et des Mères des Croyants réunis. Cela est facile à expliquer : elle était presque toujours présente lors des entretiens que le Prophète avait avec les Compagnons lorsqu'il leur transmettait la signification du message divin. Elle le voyait vivre au quotidien et rien de ce qu'il disait ou faisait ne lui échappait.

Ibn Abu Hurayra nous rapporte que :

« Aïcha, épouse du Prophète, n'entendait jamais une chose qu'elle ne comprenait pas, sans revenir à la charge auprès de lui, jusqu'à ce qu'elle l'eût bien saisie. » [Rapporté par Bukhârî]

Elle est reconnue pour avoir été l'une des plus grandes juristes de son époque. Elle avait, en outre, un goût développé pour les lettres et se distingua dans la poésie. Nous devons à l'insatiable curiosité de Aïcha , des enseignements sur les sujets les plus divers. En voici quelques exemples :

- A la suite de la question sur le jihâd : « Ne pourrions-nous pas la faire ? » « Non, lui répondit le Prophète, le jihâd la plus méritoire pour vous les femmes, c'est un pèlerinage pieusement accompli » [Rapporté par Bukhârî]  Ou selon une autre version : « Votre jihâd, c’est le pèlerinage ! »

- Le consentement obligatoire de la future épouse à son mariage. « La vierge a honte » avait fait remarquer Aïcha . Le Prophète avait alors précisé :  « Son consentement vaut par son silence. » [Rapporté par Bukhârî]

Nous verrons que de nombreux événements furent générateurs d'enseignements importants à la fois pour les femmes et pour l'ensemble des musulmans.

Aïcha connaissait la généalogie et l'histoire de toutes les tribus de l'Arabie préislamique, ce qui était très important pour la « stratégie » que le Prophète dut mettre en place, afin que la Communauté puisse nouer des alliances avec les unes et les autres. Et nous constaterons que plusieurs des mariages du Prophète participèrent à ces rapprochements.

Aïcha passe encore pour avoir eu de bonnes connaissances en médecine. Il semble qu'elle ait acquis ce savoir en particulier lors de la maladie du Prophète , alors que de nombreuses délégations se sont succédé à son chevet, en provenance de toutes les régions de l'Arabie, pour tenter de le délivrer de son mal, en lui prescrivant des médicaments que Aisha se chargeait elle-même de préparer.

On nous rapporte aussi à son sujet qu'elle participa, avec certaines des Épouses et d'autres femmes parmi les premières musulmanes, à plusieurs des campagnes militaires qui eurent lieu, notamment à Uhud, à la Guerre du Fossé, où les femmes apportèrent leur participation active en soignant les blessés et donnant à boire aux combattants. Le hadîth rapporté par Anas en témoigne :

« Je vis Aïcha et Um Salama, les vêtements retroussés au point que je pouvais apercevoir le bas de leurs jambes, bondir avec les outres sur le dos et les vider dans la bouche de la troupe. Ensuite, elles venaient remplir leurs outres et retournaient à nouveau les vider dans la bouche de la troupe. » [Rapporté par Bukhârî]

Nous savons qu'il y eut des femmes musulmanes à toutes les campagnes militaires, sauf la première, à Badr. [...]

On signale que du vivant de l'Envoyé d'Allah , on comptait déjà 20 femmes juristes parmi les Compagnons. C'est dire l'importance du savoir pour tous les musulmans, y compris les femmes.

« La recherche du savoir est une obligation pour chaque musulman. »
[Rapporté par Bukhârî et Ibn Mâja]

Mais revenons à Aïcha pour dire que nous lui sommes redevables d'un grand nombre de ahadith (environ 2.200). À ce propos, le Prophète a dit : « Aïcha est la moitié de la religion ».

Le rôle de Aïcha au sein de la famille du Prophète fut des plus important. Aïcha fut, nous l'avons déjà dit, après Khadîja , l'Épouse préférée du Prophète. Anas ibn Malik a rapporté que le Prophète a dit : « La supériorité de Aïcha sur les autres musulmanes est comme celle du tsarîd sur les autres mets. » II s'agissait du plat que préférait le Prophète.

De nombreux événements ont marqué la vie conjugale du Prophète.

Aïcha était assez spontanée... ce qui provoquait parfois quelques incidents ; mais ceux-ci furent autant d'enseignements donnés aux musulmans, soit que la révélation d'un verset, soit qu'une parole ou un acte du Prophète soient parvenus aux musulmans avec, pour objectif essentiel, de les instruire dans leur religion en leur montrant la solution en fonction des circonstances.  Nous relaterons ci-après ceux des événements qui semblent les plus marquants du point de vue des bienfaits apportés à la Communauté, événement liés à la présence de Aisha dans la maison de l'Envoyé d'Allah .


1 - L'affaire de la calomnie

L'affaire se situe en l'an 5 de l'Hégire. Aïcha doit avoir autour de 14 ou 15 ans. Cet incident eut un caractère plus grave que tous ceux qui émaillèrent la vie de Aïcha. Il survint après la révélation concernant le port du voile. Lorsque l'une des Épouses voyageait avec le Prophète , on descendait son palanquin de son chameau au moment des haltes. Ainsi, lorsqu'elle avait besoin de s'isoler un moment, elle le faisait de façon discrète, en s'éloignant du camp.

Il arriva donc, lors d'une halte, au retour de la campagne victorieuse menée contre la tribu des Banul Mustaliq, tandis que Aisha avait quitté son palanquin, que le Prophète donna le signal du départ et le palanquin de celle-ci fut remit sur le chameau. Compte tenu de sa légèreté, personne ne s'aperçut qu'elle n'était pas à l'intérieur, et la caravane reprit la route sans elle. Lorsqu'elle revint au camp, elle ne trouva plus personne ; sans s'affoler, convaincue qu'on s'apercevrait rapidement de son absence et qu'on reviendrait la chercher, elle demeura sur place et s'endormit.

Au petit matin, c'est un membre de la caravane, Safwân (dont la mère était la tante maternelle d'Abû Bakr), qui la trouva ainsi endormie. Il avait marché toute la nuit (il était chargé d'assurer l'arrière-garde afin de récupérer les retardataires ou encore les objets perdus). Il l'appela, puis la reconnaissant, la fit monter sur son chameau et la ramena en tenant l'animal par la bride, à marche forcée, pour rejoindre la caravane au moment où celle-ci faisait une nouvelle halte.

Cet incident - qui se situe après la révélation sur le voile - n'aurait pas eu d'autres suites si la jalousie n'avait habité le cœur de quelques personnes, les unes à l'égard de Aïcha , les autres à l'égard de Safwân. Le voyage se termina sans que rien ne survienne. Arrivée à Médine, Aisha tomba malade pendant un mois. Elle n'imaginait pas qu'elle et Safwân étaient l'objet d'une telle « affaire ».

Le Prophète venait d'épouser Juwayriya , fille du chef de la tribu des Banul Mustaliq et ne se doutait pas non plus de ce qui se tramait. C'est pourtant à ce moment que débuta la calomnie contre Aïcha et Safwân. Ce que le Prophète finit par savoir.  Aisha s'étonnait de ce que l'Envoyé d'Allah ne s'attarde guère auprès d'elle alors qu'elle était malade. Il prenait de ses nouvelles et repartait, sans rester pour bavarder avec elle selon son habitude. Elle n'apprit les rumeurs calomnieuses dont elle était l'objet qu'après être rétablie, de la bouche de Um Mistah, mère d'un des auteurs de la rumeur.

Aïcha en fut abasourdie et tomba de nouveau malade. Elle demanda au Prophète la permission de se rendre chez ses parents, afin de s'assurer auprès d'eux de ce qu'elle venait d'apprendre. Elle interrogea sa mère ; Um Ruman lui confirma la rumeur qui circulait, mais tenta de la réconforter en lui disant de ne pas trop attacher d'importance à ces commérages, [...].

Aïcha , au lieu d'être réconfortée ou rassurée, pleura abondamment. On nous dit même qu'elle se serait évanouie.

Mais, contrairement à ce que pensait sa mère, aucune des Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles) ne prit part à ces rumeurs. Il s'agissait de femmes pieuses et dignes, et, quelque motif de jalousie qu'elles auraient pu avoir, aucune ne contribua à colporter ces bruits. Bien au contraire, elles parlaient toutes en faveur de Aïcha.

Par contre, Hamna, la sœur de Zaynab bint Jahsh, une des Épouses, participa à la calomnie, espérant discréditer Aïcha au profit de Zaynab , aux yeux du Prophète . Mais Zaynab ignorait tout. On nous rapporte même que, comme les autres Épouses, le Prophète l'interrogea sur ce qu'elle savait. Elle avait répondu :

« Ô Envoyé d'Allah ! Je respecte mes yeux et mes oreilles. Je ne sais que du bien. » Et Aïcha ajouta : «Zaynab était la seule des Épouses qui fut sur un pied d'égalité avec moi. Allah la préserva à cause de sa réserve. Sa soeur se mit alors à lui être également hostile. » [Rapporté par Bukhârî]

En réalité, la calomnie avait pris naissance par un certain Ibn Ubbay et quelques autres « hypocrites », puis fut reprise et propagée par Mista (pour se venger d'un différend entre lui et Abu Bakr) et par le poète, Hassan Ibn Thâbit (qui avait un grief contre Safwân), et enfin, Hamna, sœur de Zaynab, dont nous venons de parler.

Aïcha fut ramenée chez elle par ses parents. Elle ne cessait de pleurer et espérait être innocentée.

De son côté, le Prophète n'avait pas le moindre doute quant à l'innocence de sa jeune épouse et de Safwân mais il ne pouvait l'innocenter uniquement parce que sa conviction était faite. Il attendait de recevoir la preuve de cette innocence et comme celle-ci tardait, il interrogeait les autres Épouses et ses proches. Tous disaient la même chose :

« Cela n'est que mensonges. Nous ne connaissons de Aïcha que du bien. » [Rapporté par Bukhârî]

Parmi les Compagnons, il interrogea également 'Ali ibn Abu Tâlib et Usâma ibn Zayd. Usâma, certain qu'elle était innocente également, conseilla :

« Garde ton épouse. Nous ne savons que du bien d'elle. » Quant à 'Ali, il lui répondit : « Ô Envoyé d'Allah, Allah n'a pas voulu te contrarier. Il y a en dehors d'elle beaucoup d'autres femmes. Interroge sa servante, elle te dira la vérité ! » [Rapporté par Bukhârî]

Cette réponse, un peu ambiguë, blessa Aïcha qui s'en souvint longtemps après. Mais nous le verrons plus loin.

Le Prophète interrogea aussi la servante de Aisha , Barîra, qui répondit : « J'en jure par Celui qui t'a envoyé, je n'ai jamais rien vu de répréhensible, sinon qu'étant une toute jeune femme, il lui arrive parfois de s'endormir auprès du dîner de son mari et de laisser manger sa pitance par le mouton familier de la maison ! »

Le Prophète résolut d'évoquer publiquement cette affaire en s'adressant aux fidèles. Il leur tint à peu près ce langage:

« O Gens ! Que vous semble-t-il de ceux qui m'offensent au travers des membres de ma famille en répandant sur eux de faux bruits ?  Par Allah, je ne connais que du bien des gens de ma maison et que du bien de l'homme dont ils parlent, qui n’est jamais entré dans l'une de mes maisons sans que je sois avec lui. » [Rapporté par Bukhârî]

II s'ensuivit même une altercation entre plusieurs personnes, et le Prophète dut ramener le calme entre eux. Aisha ignorait alors que le Prophète Muhammad l'avait ainsi publiquement défendue ; cependant, cela l'eut bien réconfortée. Elle continuait de pleurer tout en plaçant sa confiance en Allah.  Il ne suffisait évidemment pas que le Prophète et quelques autres personnes soient convaincus de l'innocence de Aisha et Safwân pour que tout rentre dans l'ordre ; il fallait une preuve et celle-ci tardait à se manifester !

C'est par les épreuves auxquelles II soumet les Croyants qu'Allah élève leur foi. Il y a là, pour tout musulman, de quoi méditer sur le fait que la confiance en Dieu est essentielle dans les moments difficiles de l'existence.

Un mois s'était écoulé depuis le début de l'affaire. Un jour, alors que ses parents étaient près d'elle, ainsi qu'une femme des Ansar venue la réconforter, Aisha vit le Prophète entrer chez elle. Il la salua et s'assit, ce qu'il n'avait pas fait depuis le début de sa maladie.

Bukhârî nous rapporte que le Prophète prononça la shahâda, puis s'adressa à elle en ces termes :

« O 'Aïcha, il m'est parvenu telle ou telle chose sur ton compte ; si tu es innocente, Allah te justifiera ; si tu as commis quelque faute, demande pardon à Allah et reviens à Lui. Le fidèle qui reconnaît ses fautes et qui revient à Allah, Allah revient à lui. »

À peine avait-il achevé de parler qu'elle cessa de pleurer et, s'adressant à son père, le pria : « Réponds à l'Envoyé d'Allah pour moi ! » Abu Bakr lui dit alors : « Je ne sais pas quoi lui dire ! » Elle adressa la même demande à sa mère, qui lui fit la même réponse. Alors, s'adressant elle-même au Prophète , elle lui dit :

« Je sais que vous avez entendu ce que les gens disent ; cela est entré dans vos âmes et vous y ajoutez foi. Si je vous dis que je suis innocente - et Allah sait que je suis innocente - vous ne me croirez pas. Mais, si je vous avouais que j'ai commis ce dont Allah sait que je suis innocente, vous me croiriez. Je vous dirai donc ce qu'a dit le père de Joseph :

{ La résignation est une belle chose et Dieu me viendra en aide contre ce que vous avez raconté.}
[Sourate 12 – Verset 18]

II s'agit-là des paroles de Jacob à ses fils venus lui annoncer la mort de Joseph, alors qu'ils s'étaient mis d'accord entre eux pour le jeter dans un puits.

Après cette réponse, Aïcha retourna s'allonger sur son lit tandis que le Prophète prolongeait sa visite, avec ses parents. Et, tandis qu'il était encore là, il reçut la révélation qui innocentait enfin Aïcha :

« Oui, ceux qui sont venus avec la calomnie, c'est tout une bande des vôtres. Ne la comptez pas pour un mal, au contraire, cela vous est un bien. À chacun d'eux ce qu'il gagne comme péché. À celui, cependant, qui se charge de la part la plus grande parmi eux, un énorme châtiment.

Pourquoi, lorsque vous l'avez entendue (la calomnie), Croyants et Croyantes, n'avez-vous pas pensé à bien en vous-mêmes et n'avez-vous pas dit : "C'est une calomnie évidente."

Pourquoi les autres ne produisent-ils pas quatre témoins ? Alors, s'ils ne produisent pas de témoins, ce sont eux auprès de Dieu les menteurs. Et n'étaient la Grâce de Dieu sur vous, et Sa miséricorde ici-bas comme dans l'au-delà, un énorme châtiment vous aurait touchés pour ce que vous avez lancé.

Quand vous receviez sur vos langues et disiez de vos bouches ce dont vous n'aviez aucune science, et vous le comptiez pour rien, alors que - auprès de Dieu - c'était énorme.

Et pourquoi ne disiez-vous pas, lorsque vous l'entendiez : Qu'avons-nous à en parler ?
Pureté à Toi ! C'est une énorme calomnie !

Dieu vous exhorte à ne plus jamais répéter une chose pareille si vous êtes Croyants. Et Dieu vous expose les signes. Dieu, cependant, est Savant et Sage. » [Sourate 24 – Versets 11-18]


Le Prophète redevint souriant et annonça à Aïcha : « Ô Aïcha ! Allah te déclare innocente ! »

Ses parents, toujours présents, lui conseillèrent : « Va vers lui et sois-lui reconnaissante. » Mais elle leur répondit : « Je n'irai pas à lui et c'est Allah Seul que je vais louer. » Comme on le voit, malgré son jeune âge, Aïcha avait du caractère et une forte personnalité.

Mais nous devons ici constater que la révélation de ces versets fut un grand bien pour la Communauté des musulmans ; ces versets, en effet, interdisent toute supputation sur la conduite d'une femme et il interdit de porter atteinte à qui que ce soit en l'accusant d'adultère, à moins de pouvoir présenter le témoignage de quatre personnes de bonne foi.


2 - L'ablution sèche (Tayamûm)

Aïcha et Um Salama avaient accompagné l'Envoyé d'Allah lors d'une expédition. La troupe avait fait une halte au moment de la prière du soir et s'apprêtait à repartir lorsque Aïcha s'aperçut qu'elle avait perdu le collier d'onyx qu'elle portait. Selon une version, il lui avait été offert par sa mère le jour de son mariage, selon une autre version, il lui avait été prêté par l'une des Mères des Croyants. On le chercha, en vain.

Le Prophète fit établir le camp pour la nuit. Mais il n'y avait pas d'eau à cet endroit. Les Compagnons se plaignirent à Abu Bakr de la futilité du motif qui les obligeait à passer la nuit dans cet endroit, les privant de l'eau nécessaire à leurs ablutions.

Abu Bakr vint faire des reproches à sa fille et lui dit : « Tu crées constamment des problèmes... » Vers la fin de la nuit, le Prophète reçut une révélation qui institua l'ablution sèche (tayamûm).

[...] Si vous êtes malades ou en voyage, ou si l'un de vous revient d'un endroit où il a fait ses besoins, ou si vous avez approché vos femmes et que vous ne trouviez pas d'eau, faites ablution sèche en touchant une terre pure. Essuyez votre face et vos mains. Dieu est certes Pardonneur et Miséricordieux. [Sourate 4 – Verset 43]

Du coup, toute la troupe se réjouit alors et dit : « Ô Famille d'Abû Bakr ! Ce n'est pas votre premier don à l'Islam. »

Abu Bakr - qui était bien fâché contre sa fille - vint lui dire : « Je n'imaginais pas que tu puisses être la source d'une telle bénédiction pour les musulmans. Grâce à toi, les gens se sont vus accorder une grande facilité. »

Un autre hadîth nous rapporte que Usayd ibn Hudayr vint dire à Aïcha :

« Allah te récompense en bien ! Car, par Dieu, il ne t'est jamais arrivé une chose déplaisante sans qu'Allah n'en ait fait quelque chose de bon pour toi et tous les musulmans. » [Rapporté par Bukhârî]

N'oublions pas que le moindre des déplacements dans cette région avait lieu dans le désert et les points d'eau étaient souvent éloignés les uns des autres, ce qui ne rendait pas les voyages faciles ! D'ailleurs, à propos de cette remarque, Abu Hurayraa rapporté que le Prophète a dit :

« Le voyage est un des aspects de la torture où le voyageur s'empêche de dormir, de manger et de boire. Lorsque vous avez terminé vos affaires, hâtez-vous de retourner dans votre famille. » [Rapporté par Bukhârî]

Cet événement eut donc une incidence bénéfique pour tous les musulmans qui, jusqu'à nos jours, utilisent ce moyen lorsqu'ils se trouvent dans des circonstances où ils n'ont pas d'eau. Puis, comme pour bien souligner que cet incident avait essentiellement valeur d'enseignement, le collier fut retrouvé sous le chameau de Aïcha au moment où il se releva !


3 - L'affaire du pot de miel

Le Prophète s'attardait depuis quelque temps chez Hafsa , l'une des Épouses, qui lui donnait à boire du miel qu'elle avait reçu, ce qu'il appréciait particulièrement. Nous savons que le Prophète aimait les mets sucrés.

Aïcha et quelques-unes des Épouses (Safiya et Sawda, semble-t-il) se mirent d'accord pour dire au Prophète , lorsqu'il revenait, que son haleine dégageait une odeur désagréable. Cela mit un terme aux moments « gourmands » du Prophète, mais elles prirent conscience qu'elles l'avaient privé d'un plaisir. [Rapporté par Bukhârî]

Selon une autre version, il s'était attardé à boire du miel chez Zaynab. C'est à cette occasion que fut révélé le verset suivant :

Ô Prophète ! Pourquoi, en recherchant l'agrément de tes Épouses, t'interdis-tu ce que Dieu t'a permis [...]
[Sourate 66 – Verset 1]


4 - Les bagages de Safiya

Au retour du pèlerinage de l'Adieu, ' Aïcha avait peu de bagages alors qu'elle montait un puissant chameau, tandis que Safiya, une autre des Épouses, avait des bagages lourds et un chameau faible qui ralentissait la marche de la caravane.

Afin de répartir la charge, le Prophète donna l'ordre de placer un bagage lourd sur le chameau de 'Aïsha, sans avoir demandé l'accord de chacune. Aisha en fut contrariée.

Le Prophète lui proposa : « Veux-tu que Abu Ubayda arbitre entre nous ? - Non dit-elle, il ne me donnera jamais raison contre toi ! - Alors 'Umar ? Proposa-t-il. - Oh non ! J'ai peur de lui ! Même Satan a peur de lui ! - Eh bien, veux-tu que ce soit ton père, Abu Bakr ? »

Elle y consentit et on fit appeler Abu Bakr , qui, apprenant la cause de l'incident et l'entêtement de sa fille avant même que le Prophète n'ait terminé son exposé et que Aïcha puisse défendre sa cause - leva la main et la gifla... Le Prophète l'arrêta en disant : « Je n'ai pas voulu cela. » II se leva et lava de ses mains le visage et la robe de sa jeune épouse. [Rapporté par Bukhârî]

[...] Bien des anecdotes nous ont encore été rapportées sur Aïcha en particulier. [...]

Nous savons que l'Envoyé d'Allah confiait à Aïcha ses projets les plus secrets. Par exemple, en matière de stratégie, il lui arrivait de préparer une expédition en ne faisant part de ses intentions ou de la destination qu'à sa jeune épouse. À ceux qui venaient ensuite l'interroger sur tel ou tel sujet, elle répondait qu'elle ne dirait rien, même à son propre père !

Quant à Aïcha , elle aimait tellement le Prophète qu'elle était inquiète dès qu'il s'éloignait. Un jour, elle l'entendit se glisser dehors en pleine nuit, et pour savoir où il se rendait, elle le suivit ; il allait au cimetière pour prier pour ceux qui étaient morts. Bouleversée, elle dit alors : « Je donnerais la vie de mon père et de ma mère pour lui ! » Souvent, il s'endormait la tête posée sur ses genoux.

Nous avons vu que Sawda , devenue âgée, lui avait cédé son jour de visite. Ainsi, le Prophète passait plus de temps encore avec 'Âïsha, lui permettant encore de multiplier les occasions de parfaire ses connaissances. Lors de l'expédition de Khaybar, l'étendard (râyah) du Prophète fut confectionné dans la houppelande de Aïcha. Il était noir et carré.

Sur la maladie du Prophète

Lorsque le Prophète fut atteint de la maladie qui devait l'emporter, il continuait de visiter successivement chacune de ses Épouses (Qu'Allah soit satisfait d'elles) et interrogeait chaque jour en disant : « Où serai-je demain ? » et ce, jusqu'au jour de sa visite chez Aïcha , chez laquelle il restait calme, sans interroger sur le lendemain.

On nous rapporte qu'à partir du moment où il fut immobilisé par cette maladie, il sollicita des Mères des Croyants la permission d'être soigné chez 'Âïsha, ce qu'elles acceptèrent. [Rapporté par Bukhârî]  Il fut donc transporté de l'appartement de Maymûna à celui de Aïcha , soutenu d'un côté par 'Ali, de l'autre par 'Abbâs.

La maladie empirait. Toutefois, un jour, il put se rendre dans la mosquée et il parla aux fidèles, invoquant longuement Allah pour les martyrs de Uhud en particulier. Puis, il donna l'ordre que soient fermées toutes les portes donnant sur la mosquée, sauf celle d'Abû Bakr.

Il vécut ses derniers instants chez Aïcha . On nous rapporte que peu avant sa mort, le Prophète vit le frère de Aïcha entrer dans la pièce avec un bâton de miswâk (brosse à dent naturelle). Aïcha lut dans ses yeux qu'il en avait envie. Elle le mâchonna d'abord un peu et lui en frotta les dents. Puis, elle lui prit la tête et la plaça dans le creux de son épaule, afin qu'il soit aussi confortable que possible et c'est ainsi qu'il rendit le dernier soupir.

Aïcha nous a rapporté au sujet de ses derniers instants que le Prophète répéta : « II n'y a aucun dieu si ce n’est Allah lui-même. Quelle agonie que la mort. » Puis, Aïcha l'entendit dire d'une voix à peine perceptible, « ...mais avec le Compagnon le plus haut », comme s'il faisait un choix.

Aïcha nous dit encore : « J'étais jeune et je ne comprenais rien. Dans ma stupidité, le Prophète rendit le dernier soupir dans mes bras et je ne le sus pas. Ce n'est que lorsque les autres femmes présentes se mirent à pleurer que je compris ce qui s'était passé... » [Rapporté par Bukhârî]

Aïcha a rapporté : « II mourut le jour même où c'était mon tour de le recevoir dans mon appartement. Allah recueillit son âme tandis que sa tête reposait entre ma gorge et ma poitrine et ma salive fut mélangée à la sienne. » [Rapporté par Bukhârî]

Le Prophète fut enterré sur place, dans la chambre de Aïcha. Elle continua d'y habiter. Sawda, l'une des Épouses qui mourut en l'an 24 de l'Hégire, lui légua son appartement qui était mitoyen du sien, ce qui permit à Aïcha d'agrandir son habitation devenue très petite du fait de la place occupée par le tombeau du Prophète . Lorsque, chacun à son tour, Abu Bakr, puis plus tard, 'Umar, quittèrent ce monde, ils furent tous deux enterrés auprès du Prophète.

On sait que lorsque 'Umar fut à l'agonie, il envoya son fils 'Abdallah chez Aïcha , qui la trouva assise, pleurant. « 'Umar t'adresse le salut et te demande l'autorisation d'être enterré avec ses deux Compagnons. - Je l'aurais désiré pour moi-même, mais je lui donne la préférence sur moi-même. »  [...]

Après la disparition du Prophète , elle continua d'occuper une place importante au sein de la communauté des musulmans, malgré sa jeunesse.

Elle jouissait d'une grande réputation. On venait la consulter. Elle était particulièrement savante en matière de jurisprudence. On nous rapporte qu'un grand nombre de Compagnons venaient étudier la jurisprudence islamique avec elle. Atâ a rapporté : « Aïcha était plus instruite qu'aucun homme de son temps. »

Aïcha, avec quelques autres Compagnons, firent de Médine un centre d'études parmi les plus importants du monde pour l'époque. On nous précise encore que les gens qui avaient eu le privilège d'étudier avec elle étaient ensuite parmi les plus brillants.  Au temps de leur califat respectif, Abu Bakr et 'Umar  venaient consulter Aïcha pour lui exposer tel ou tel problème auquel ils se trouvaient confrontés et l'interroger pour savoir ce que le "Prophète aurait dit ou fait en pareille circonstance".  [...]

Alors qu'il était devenu à son tour calife, Mu'âwiya l'interrogea. Elle donna comme réponse ce hadîth de l'Envoyé d'Allah : « Celui qui essaie de contenter Allah, ne se préoccupant pas du mécontentement des gens, sera protégé contre la méchanceté des gens. Mais celui qui contente les gens en ne se préoccupant pas du mécontentement de Dieu, sera abandonné par Allah et à la merci des gens. »

Elle avait les moyens de vivre mieux car elle recevait, comme les autres Mères des Croyants, une pension versée par les Califes successifs.  Mais Aisha , qui était d'une extrême générosité, chargeait sa servante, dès qu'elle recevait cette pension, de distribuer aussitôt le tout aux nécessiteux, négligeant de garder quelque chose pour elle. Le soir venu, elle disait à sa servante : « Pourquoi ne m'as-tu pas fait penser de garder de quoi dîner ce soir ? »

Ainsi donc, parfois, elle n'avait même pas de quoi dîner. Elle avait tellement pris l'habitude d'une vie frugale au cours de ses années difficiles passées dans la maison du Prophète , jeûnant beaucoup, qu'elle continua de vivre de la même manière après sa disparition, alors que les moyens de la communauté s'étaient améliorés.

Urwa a rapporté qu'un jour, il a vu Aisha qui avait reçu 70.000 dirhams, les distribuer aux pauvres, tandis qu'elle-même portait une chemise rapiécée.

Un Compagnon s'étant ému de ce qu'elle redistribuait aux pauvres tout ce qu'elle recevait au fur et à mesure, elle s'était écriée en l'apprenant : « Comment ? On m'interdirait mes libéralités ? » et elle avait bien entendu continué ses pratiques ! [Rapporté par Bukhârî]

Un jour, elle reçut - sur la demande de celui-ci - Hassan ibn Thâbit, qui avait été l'un des acteurs de l'affaire de la calomnie. Comme on s'était étonné qu'elle le reçoive, elle répondit : « Pourquoi pas. N'a-t-il pas été déjà frappé d'un terrible châtiment ? » II était, en effet, devenu aveugle.

Avant qu'elle ne meure, alors qu'elle était à l'agonie, Ibn 'Abbâs demanda à être reçu par elle. Comme elle hésitait, dans la crainte qu'il ne lui fasse des compliments, on lui fit valoir qu'il s'agissait de l'oncle paternel du Prophète et l'un des principaux personnages parmi les musulmans. Elle le reçut donc.

- « Comment te trouves-tu, lui demanda-t-il ? » - « Bien, si je crains Dieu, répondit-elle. » - « Tu seras bien, s'il plaît à Dieu, car tu as été l'Épouse de l'Envoyé d'Allah et la seule vierge qu'il ait épousée. Enfin, la Révélation t'a reconnue innocente. »

Après cette visite, Aïcha devait dire « Ibn 'Abbâs m'a fait des compliments. J'aurais préféré qu'on m'eût oubliée. »

Aisha vécut jusqu'à l'âge de 67 ans et mourut pendant le mois de Ramadan de l'an 57 de l'Hégire, sous le califat de Mu'âwiya.

Elle fut enterrée, comme elle l'avait souhaité, après la prière de la nuit, dans l'heure qui suivit sa mort, dans le cimetière des femmes à Médine, auprès de ses compagnes, les Mères des Croyants (Qu'Allah soit satisfait d'elles) qui l'avaient devancée.

Abu Hurayra fit la prière sur elle avec les autres Compagnons . Ce sont ses neveux qui la déposèrent dans sa tombe.



Qu'Allah soit satisfait de Aïcha.


Dernière édition par ganem le Sam 4 Mai - 11:15, édité 2 fois (Raison : faute de français signalée par Lysliane que je remercie)
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Message par florence_yvonne le Ven 3 Mai - 16:31

Oh la la, un résumé de cinquante lignes me suffirai.

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Message par ganem le Ven 3 Mai - 18:04

florence_yvonne a écrit:Oh la la, un résumé de cinquante lignes me suffirai.
Il faut réviser ton français un résumé de... me suffirait
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Message par Lysliane le Ven 3 Mai - 18:57

ganem a écrit:
florence_yvonne a écrit:Oh la la, un résumé de cinquante lignes me suffirai.
Il faut réviser ton français un résumé de... me suffirait


ganem a écrit:

Tu vas tout savoir sur Aïcha mais c'est long, je mets en spoiler. Ne le lirons que les intéressés.

Et bien tu vois je vais devoir réviser aussi mon français , j'aurais mis ... liront

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Message par florence_yvonne le Sam 4 Mai - 14:53

ganem a écrit:
florence_yvonne a écrit:Oh la la, un résumé de cinquante lignes me suffirai.
Il faut réviser ton français un résumé de... me suffirait

Quand on ne peut pas s'attaquer au contenu, on s'attaque à la faute d’orthographe, c'est mesquin.

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Message par florence_yvonne le Sam 4 Mai - 14:54

Lysliane a écrit:
ganem a écrit:
florence_yvonne a écrit:Oh la la, un résumé de cinquante lignes me suffirai.
Il faut réviser ton français un résumé de... me suffirait


ganem a écrit:

Tu vas tout savoir sur Aïcha mais c'est long, je mets en spoiler. Ne le lirons que les intéressés.

Et bien tu vois je vais devoir réviser aussi mon français , j'aurais mis ... liront

L'arroseur arrosé Laughing

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Message par ganem le Sam 4 Mai - 17:19

florence_yvonne a écrit:
Quand on ne peut pas s'attaquer au contenu, on s'attaque à la faute d’orthographe, c'est mesquin.

Ni le contenant ni le contenu ne valent quelque chose.

Tu prêtes plutôt à rire.

C'est pourquoi je te lis volontiers.

Il n y a pas d’arroseur arrosé puisque j'ai remercié l'intervenante pour avoir trouvé cette faute et signalé.


Dernière édition par ganem le Sam 4 Mai - 17:32, édité 1 fois
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Message par florence_yvonne le Sam 4 Mai - 17:26

Mais ris donc, je t'en prie, cela me fait plaisir.

Si cela te plait tellement, je ferais des fautes d'orthographe, plein de fautes d’orthographe.

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