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LA FRANCE CAPETIENNE ENTRAINE LA CHRETIENTE AUX CROISADES

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Message par Hervé J. VOLTO le Ven 24 Jan - 5:58

L'histoire de la Chevalerie commence avec Hugues Capet. A l'issue de l'élection de Senslis, se fait jour dans l'esprit du nouveau Roi l'idée d'une milice Royale ayant pour but de contraster les féodaux rebels des temps Carolingiens finissants. La cavalerie lourdement armée, avec homme en armure qui combat avec la lance ou l'épée, fait partie de l'appareil militaire Carolingien. Le Roi et chaque féodal possèdent leur propre cavalerie. L'idéal d'une milice Royale Chrétienne est donnée au Roi de France par l'Evangile de Saint-Luc:

-Puis Il (il s'agit de N.S. Jésus-Christ) leur dit : "Quand je vous ai envoyé sans bourse, ni besace, ni sandales, avez-vous manqué de quelque chose?" - "De rien!", dirent-ils. Et Il leur dit : Mais maintenant, que celui qui a une bourse la prenne, de même qu'une besace, et que celui qui n'en a pas vende son manteau pour acheter un glaive (Luc 22:35-36).

Et aussi par l'oeuvre d'Eudes de Clunys, rédigée peu avant l'An 942, sur la vie de Saint-Géraud d'Aurillac (855-909), un Comte imprégné d'une grand foi Chrétienne qui, depuis le décès de son épouse, vit comme un moine dans le siècle et n'utilise sa cavalerie que pour secourir les pauvres et les déshérités de son Comté et leur assurer la justice, appliquant à la perfection la religion pure et sans tache devant Dieu : secourir les veuves et les orphelins, et se gerder de toute souillere du monde (Jaqcues 1:26). Lorsque son fils atteint l'age de porter les armes et de le substituer à la tête de son fief, il se retire dans un vrai couvent et finit véritablement sa vie comme un moine.

La figure de Saint-Géraud d'Aurillac est présenté comme l'idéal du Chevalier, cavalier pieux et milicien Chrétien au service du Roi. L'idéal du Chevalier est sensiblement le même que l'idéal proposé au Roi de France: combattre pour le droit et la justice, protéger les clercs, les femmes, les faibles, les pauvres, l'Eglise et le Saint-Royaume de France. Cette Chevalerie est consacrée à la Très Sainte Virege Marie. On ne peut comprendre le recul de la brutalité féodale que par un action Royale continue, héréditaire, qui oppose une Chevalerie dévouée à des soudards à cheval, sipendiés par des féodaux brutaux et grégaires les utilisant comme des mercenaires.

Et on comprend que l'Eglise, pour contrôller ces guerriers turbulants à cheval et leur donner l'idéal Chevaleresque, de s'emparer au passage de l'institution Chevaleresque en y introduisant des rites religieux. Les formules lithurgiques, inspirées de la remise d'arme de Charlemagne à son fils Louis le Pieux, rappellent cet idéal et le jeune Chevalier, après une nuit passée en prière, jure au petit matin, à genoux et sur l'évangile, de défendre l'Eglise, les veuves, les orphelins, les faibles, d'observer les règles Chrétiennes, d'être juste, d'aimer la Paix et de combattre non pas pour tuer les hommes mais pour atteindre les puissances du mal au travers de ceux qui les défendent.

Le Roi, ou celui qui adoube le Chevalier en son nom -ce ne peut être qu'un Chevalier confirmé- prononce la formule suivante: " Par le Tout Puissant, Par Notre-Dame, par Saint-Georges et par Saint-Michel, je te fais Chevalier et te donne le pouvoir de porter les armes et d'aministrer la justice! " en posant l'épée sur l'épaule droite, sur la tête puis sur l'épaule gauche du Chevalier. La Chevalerie constitue donc la gendarmerie du Roi, elle assure l'ordre public dans le Royaume et la protection Royale, comme la défense de l'Eglise. Le Chevalier novice, ou "bas Chevalier", est dit "Bachelier". Le Chevalier confirmé guide les Bacheliers et porte la bannière de la Maison, et il est dit pour celà "Chevalier Bannerais".

Selon certains historiens, la milice Chevaleresque créée par Hugues Capet aurait été constituée en un ORDRE DE LA COURONNE ROYALE, à moins que ce dernier fut un de ces Ordres imaginaires qu'a trops souvent créé l'imagination des anciens héraldistes. C'est cet Ordre qui aurait été envoyé en Espagne pour secourir le Comte de Barcelone assiégé par les sarrazins. Profitant de la nécessité de devoir se rendre lui-même Outre-Pyrénées, Hugues Capet, alors agé de quarante cin ans, aurait alors proposé aux grands du Royaume de faire Sacrer de son vivant son fils Robert, agé de vingt deux ans et en grade de tenir une épée, réalisant la demende exprimée secrètement par Dieu dans le Songe dit d'Hugues Capet : de là, la Loi de Primogéniture mâle. Et le pape Urbain II, lorsqu'il vient précher la première Croisade en France en 1095, sait de pouvoir compter sur l'aide du Roi de France ET DE SA CHAVALERIE.

Selon François Sicard, HISTOIRE DES INSITUTIONS MILITAIRES DES FRANCAIS, (éd. Corréard, Paris, 1835), L'ORDRE ROYAL MILITAIRE ET RELIGIEUX DE NOTRE DAME DE L'ETOILE aurait été créé le 15 août 1022 par Robert II le Pieux (connu pour sa dévotion à la Vierge) -à ne pas confondre avec l'Ordre de l'Etoile de la Maison Noble de Saint-Ouen fondé par Jean II le Bon- ce pour envoyer des Chevaliers aux Croisades, ce qui aurait fait le bonheur du pape. Cet Ordre Royal Militaire et Religieux de Notre-Dame de l'Étoile aurait été LE PREMIER ORDRE DE LA COURONNE DE FRANCE.

Un Ordre de Chevalerie est un insitution Christique, dispensant à ses membres l'initiation, la consécration et l'investiture de la Chevalerie, distribuant aux Chevaliers et à leurs cercles d'influence les lumières et les forces sourdants de l'iimuable traditon de la garde de l'Eglise et de la défense de la Chrètienté, assument en son vivant esprit l'honneur de la Chatolicité, au service de N.S. Jésus-Christ et de l'établissement ici-bas de Son Royaume.

Quoi de plus noble, de plus beau, de plus enflammant, pour des âmes Chrétiennes et valeureuses, que d'aller délivrer les Lieux Saints et le Tombeau du Christ des mains des infidèles musulmans ?! La France Capétienne, Catholique et Royale, devait être la première à comprendre la grandeur d'une entreprise telle que la première Croisade.

Sommaire :
1. La Première Croisade.
2. La Seconde Croisade.
3. La Troisième Croisade.
4. La Qautrième Croisade.
5. La Cinquième Croisade.
6. la Sixième Croisade.
7. La Septième Croisade.
8. La Huitième Croisade
Bilan des Croisades.


_____________


1. La Première Croisade.

Depuis longtemps déjà les pèlerins étaient nombreux qui allaient à Jérusalem et qui, à leur retour, le soir, pendant les longues veillées d'hiver contaient leurs aventures et décrivaient avec enthousiasme les Lieux Saints, les émotions de leur âme au Saint Sépulcre, la splendeur des monuments, des sites, de la végétation luxuriante, des forêts de cèdres et aussi le miroitement, le chatoiement et l'éclat des étoffes et des oeuvres d'art orientales. Combien, à ces récits, rêvaient d'y partir à leur tour !

Aussi, quand le monde Chrétien apprit, coup sur coup, la prise de Jérusalem (1070) sur les Fatimites d’Égypte par les Turcs Seldjoukides, sectaires intolérants de Mahomet, puis celle d'Antioche (1084), enfin l'invasion de l'Espagne par les Almoravides (1087), craignit-il, comme au temps de Charles Martel, une submersion totale de l'Europe et la pensée vintelle à beaucoup (en apprenant que les nouveaux maîtres de Jérusalem empêchaient les pèlerinages) qu'il fallait briser la puissance musulmane et délivrer le Tombeau du Christ des mains des Infidèles.

Les esprits étaient mûrs pour des actions héroïques. C'est à un Pape Français, et en France, que revint l'honneur de lancer l'appel au monde en faveur de la Croisade. Ce fut au Concile de Clermont :

-Français qui m'écoutez, s'écria Urbain II, rappelez-vous les vertus de vos ancêtres. Plus qu'à toute autre nation, Dieu vous a donné la gloire des armes. C’est de vous, surtout, que Jérusalem attend le secours dont elle a besoin... Armez-vous du glaive des Macchabés et allez défendre la maison d'Israël. Dieu le veut !

Dans toutes les provinces de France, un enthousiasme indescriptible accueillit l'appel du Souverain Pontife et de toutes parts retentit le cri de "Dieu le veut ! Dieu le veut !". Pierre l'Ermite se consacra à prêcher la croisade et entraîna les masses populaires. Hommes, femmes, vieillards, enfants, tous voulurent partir. «Vous jeunes gens, disaient les vieillards, vous combattrez par l'épée. Qu'il nous soit permis de conquérir le Christ par la souffrance !» Dans ses chroniques, Guibert de Nogent rapporte que, pour subvenir aux frais de la croisade, c'était à qui vendrait ses biens, sa maison, ses bijoux, etc...

Et voici que, par un miracle qui parut Divin, et devait «encore exalter les enthousiasmes, à l’affreuse disette et aux fléaux des années passées succéda brusquement une année d'abondances et de bienfaits (1096) : abondance en blé, en vin, en fruits de toutes sortes, comme si Dieu avait voulu directement favoriser l'oeuvre de ceux qui allaient combattre pour Lui (Funck-Brentano : op. cit., p. 16.).

La Croisade populaire, malgré les qualités exceptionnelles de Pierre l'Ermite, échoua, faute d'organisation et de cadres militaires. La plupart moururent martyrs en Asie Mineure. Par contre, celle des Chevaliers réussit. Un million d'hommes y prendront part.

Partir aux Croisades assure l'indulgence pléniaire. Lorsqu'un Chevalier endosse son Blanc-Manteau, il renaît, lavé de ses péchés. Si le thème de la Jérusalem Céleste comme symbole du paradis est un lieu commun de l'époque, la Jérusalem Terrestre, vision de Paix, de Justice et d'Union pour toutes les tribus d'Israël, est le symbole du Royaume messianique et de l'Eglise Chrétienne ouverte à tous les peuples.

Philippe I°, Roi de France, encourage sa Noblesse à la Croisade et envoie son frère, HUGUES LE GRAND, COMTE DE VERMANDOIS, qui reçoit le titre officiel de "PORTE-DRAPEAU DE L'EGLISE". Adémar de Monteil, Évêque du Puy, dirige la Croisade. Après avoir traversé l'Europe et reçu l'appui de l'Empereur de Constantinople, les Croisés prennent successivement Dorylée et Antioche. Mais les Turcs, sous les ordres de l'Emir Kerboga, contre-attaquent et, d'assiégeants, les Français devindront assiégés dans Antioche.

Le miracle vint soutenir la foi des assiégés et enflammer leur courage : Saint André serait apparu par trois fois à Pierre Barthélemy pour lui faire connaître l'endroit où, sous l'autel de saint Pierre à Antioche, la Sainte Lance qui avait Percé le sein du Christ crucifié serait retrouvée... On exécuta les fouilles à la place indiquée et la précieuse relique apparut (14 juin 1098) (Les Chroniques Monastiques disent que c'est à Robert II, Comte de Flandre, qu'apparut Saint André. D'autres auteurs disent à un prêtre de la suite du Comte de Flandre qui aurait confié la chose au Comte Robert. Ce dernier fit EN TOUT CAS chercher la Lance qui fut trouvée et, en reconnaissance, il fit voeu de fonder le monastère qui n'est autre que l'Abbaye Bénédictine de Saint André près Bruges. Le Comte de Flandre était alors vassal du Roi de France).

Allégresse et transports ! D'un cri unanime, il fut décidé de sortir aussitôt de la ville et de marcher contre Kerboga... Avant d'en venir aux mains, le 27 juin 1098, Bohémond envoya cinq messagers à l'Emir Kerboga pour lui enjoindre, de se retirer. Kerboga répondit que

-les Francs avaient le choix entre leur conversion au croissant, ou la mort !

Pour se préparer au combat, trois jours durant, les Chevaliers Croisés jeûnèrent, puis suivis de la foule des pèlerins, firent de pieuses processions d'une église à l'autre, se confessèrent, communièrent, distribuèrent des aumônes et firent célébrer des messes (Funck-Brentano : op. cit., p. 67 et 69).

La Sainte Lance fut alors portée en tête des combattants. Au cours de la lutte, le secours du ciel se Manifesta :

-On vit descendre, des montagnes, des masses innombrables de guerriers montés sur des chevaux blancs, précédés de blancs étendards. Les nôtres ne pouvaient comprendre quels étaient ces guerriers, mais enfin, ils reconnurent que c'était une armée de secours envoyée par le Christ et commandée par saint Georges (Nous pensons que c'est Saint Michel, le Chef de toutes les milices célestes, qui vint avec une légion d'Anges sauver les Chrétiens et leur donner la victoire sur les infidèles, ainsi qu’il le fera plus tard, au siège de Pé Tang, en Chine, pendant la guerre des Boxers), saint Mercure et saint Demetrius. Ceci n'est pas un mensonge. Beaucoup l'ont vu ! écrit l'auteur des «Gestes».

La victoire fut éclatante et assura aux Croisés la possession de la Syrie tout entière. Le 8 juillet, les Croisés étaient devant Jérusalem. Repoussés d'abord une première fois, ils firent, pieds nus, une grande procession autour des remparts de la Ville Sainte. On prêcha sur la Montagne des Oliviers. Les Croisés s'embrassèrent, se pardonnèrent mutuellement leurs offenses, puis donnèrent l'assaut le 14 Juillet et la ville Sainte fut prise. Après un jour et demi de lutte, le tombeaux du Christ était délivré: C'était le 15 juillet 1099.

Tous allèrent, alors, «pieds nus et pleurant pour une trop grande joie, auprès du Saint-Sépulcre. O temps, si longtemps attendus», écrit Foucher de Chartres, temps mémorables entre tous ! Exploits qui surpassent tous les exploits du monde, car les fidèles avaient de tout temps, du fond de leur coeur, formé le voeu de voir les lieux (où Dieu fait homme avait apporté le salut au genre humain par Sa naissance, Sa mort, Sa résurrection) délivrés de la domination païenne et, après avoir été si longtemps souillés par la superstition, rendus à leur dignité première par la main des croyants.

Les Lieux Saints étaient délivrés! Il fallait, dès lors, assurer la perpétuité de cette oeuvre grandiose. Aussi, Adémar de Monteil étant mort à Antioche, les Chefs des Croisés décidèrent-ils de choisir parmi eux, un Roi. Ils prescrivirent des prières publiques afin que leur choix se portât sur le plus digne. L'élection eut lieu le 22 juillet 1099 ; Raymond de Toulouse élu, se récusa :

-Je ne veux pas porter une couronne d'or, dit-il, là où le Roi des Rois a porté une couronne d'épines !

Godefroy de Bouillon répéta les mêmes paroles, il fut alors proclamé Roi mais il prit l'humble titre d'AVOUE DU SAINT-SEPULCRE. Il crééa L'ORDRE RELIGIEUX ET MILITAIRE DU SAINT-SEPULCRE, qui deviendra sous son successeur L'ORDRE DYNASTIQUE DU ROYAUME SAINT DE JERUSALEM. Mais déjà, les Turcs voulaient reprendre la lutte. Le 13 août 1099, Godefroy remporta une victoire décisive sur le Kalife à Ascalon. La Palestine était dès lors assurée aux Francs.

Cet Empire Franc, si brusquement installé sur les confins de l'Asie Mineure se trouva d'ailleurs rapidement organisé. L'armée des Chevaliers, n'avait cessé d'être ordonnée féodalement, avec les cadres et la hiérarchie établie en France. Cette même organisation fut portée en bloc sur les versants du Liban. Les villes du littoral acquirent une vie prospère par suite des relations qui se nouèrent avec l'Occident ; les pèlerins aux Lieux Saints devinrent de plus en plus nombreux ; enfin, des ordres mi-partis religieux et militaires furent fondés pour défendre la conquête (Funck-Brentano : op. cit., p. 91 et 92. 2 S. E. le Cardinal Baudrillart, Vocation Catholique de la France, p. 26. 3 Id., p. 23).

Les premiers Ordres Croisés sont L'ORDRE Souverain Hospitalier et Militaire de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhôdes et DE MALTE, dit Ordre de Malte, L'Ordre Royal, Religieux et Militaire DU SAINT SEPULCRE, dit Ordre du Saint-Sépulcre; l'ORDRE Royal Militaire, Hospitalier DE SAINT LAZARRE de Jérusalem, de Nazareth et de Béthléem, en-deçà et au-delà des mers, dit Ordre de Saint-Lazarre, l'ORDRE de la Pauvre Milice du Christ et DU TEMPLE de Jérusalem, dit Ordre du Temple, et l'Ordre Militaire et Hospitalier des Teutons de Sainte-Marie de Jérusalem, dit ORDRE TEUTONIQUE.

Le pape donne à tous ces Ordres Croisés un Code ou Serment du Chevalier commun.

Le Code du Chevalier comprend dix articles:
1. Tu croiras à tous les enseignements de l’église et tu observeras ses commandements.
2. Tu protégeras l’église.
3. Tu défendras tous les faibles.
4. Tu aimeras le pays où tu es né.
5. Tu ne fuiras jamais devant l’ennemi.
6. Tu combattras les infidèles avec acharnement.
7. Tu rempliras tes devoirs féodaux, à condition qu’ils ne soient pas contraires à la loi Divine.
8. Tu ne mentiras jamais et tu seras fidèle à ta parole.
9. Tu seras libéral et généreux.
10. Tu seras toujours le champion du droit et du bien contre l’injustice et le mal.


2. La seconde Croisade.


Pape Eugène IV et le Roi de France Louis VII demandèrent à Saint Bernard, Abbé de Clairvaux, de prêcher la seconde Croisade. Il le fit à Vézelay, à Pâques 1146, en présence du Roi et de la Reine, et souleva l'enthousiasme comme au temps de la Première Croisade. L'Empereur d'Allemagne, lui-même, voulut se joindre au Roi de France et leva une armée. Les deux Princes, après deux ans de lutte (1147-1149) échouèrent devant Damas et durent rentrer en Europe. En 1188, les Chrétiens ayant été vaincus à Tibériade, l'Empire Franc de Jérusalem s'effondra et la Ville Sainte retomba aux mains des Musulmans.


3. La Troisième Croisade.


Le Roi de France, Philippe Auguste, l'Empereur Frédéric Barberousse et le Roi d'Angleterre, Richard Coeur de Lion, unirent leurs efforts pour tenter une troisième Croisade. Le seul résultat fut la prise de Saint-Jean-d'Acre, le 13 juillet 1191, mais les Chrétiens obtinrent le libre accès permanent de la Ville Sainte.

4. La Quatrème Croisade.

Quinze ans après, à l'appel d'innocent III et de Foulques, curé de Neuilly, Baudoin de Flandre, Simon de Monfort et Thibaut III, Comte de Champagne organisèrent la quatrième Croisade. Ils ne purent fonder que l'éphémère Empire Latin de Constantinople qui dura de 1204 à 1261. Une initiative qui aura de bon de fournir une route plus sure pour les Croisades suivantes.

5. la Cinquième Croisade.

La cinquième croisade est également prêchée par le pape Innocent III. Après une expédition infructueuse des rois de Chypre et de Hongrie, le roi de Jérusalem Jean de Brienne tente d'envahir l'Égypte dont le sultan contrôlait la Terre Sainte : il réussit à prendre Damiette en 1219 avec l'aide précieuse des chevaliers templiers. Trois années plus tard, l'armée occidentale progressant sur le chemin du Caire, se fait surprendre par une crue du Nil et doit capituler : les musulmans leur imposent de libérer Damiette en échange de la possibilité de reprendre la mer sans être inquiété.

6. La Sixième Croisade.

L'empereur germanique Frédéric II, excommunié pour avoir rompu avec le pape Grégoire IX, fut pratiquement obligé de partir en croisade. Il partit avec beaucoup de retard et arriva en Terre sainte en 1228, avec seulement 3 000 soldats. Après 5 mois de négociations avec le sultan d'Egypte Al-Kâmil, il parvient par la diplomatie à signer le traité de Jaffa. Il obtint ainsi la restitution de Béthléem, de Nazareth et même de Jérusalem au royaume latin. A Jérusalem, les musulmans gardent la possession de leurs temples et mosquées, tandis que les chrétiens récupèrent le Saint Sépulcre. Mais ce succès ne fut pas reconnu en Occident, où l'on se scandalisa de l'accord conclu avec les infidèles ! En 1244, les musulmans reconquirent Jérusalem, qui ne devait jamais plus retourner en mains chrétiennes.


7. La Septième Croisade.


En 1248, la Terre Sainte est reprise par les infidèles : le sultan d'Egypte a repris Jérusalem qui avait été restituée aux occidentaux suite aux négociations de la 6ème croisade, et a massacré l'armée Franque. Ayant fait voeu de prendre la Croix s'il échappait à une grave maladie, le Roi, guéri, s'embarqua à Aigues-Mortes en 1248, et fit voile vers l’Égypte. Il part avec sa femme Marguerite de Provence et ses deux frères, Robert d'Artois et Charles d'Anjou. Le roi embarque à Aigues-Mortes, un port royal en construction qui permettra à la France d'avoir un débouché sur la Méditerranée. Après une escale à Chypre, les croisés s'emparent de la ville de Damiette, puis se préparent à marcher sur Le Caire où résidait le sultan. Elle ne parvient pas à son but, car elle fut assaillie en route par les sarrasins et taillée en pièces à Mansourah. Le frère du roi, Robert d'Artois est tué avec bon nombre de ses chevaliers, le Roi et le reste de l'armée furent faits prisonniers.
La grandeur d'âme et la noblesse du Saint Roi en imposèrent plus aux Arabes que s'il avait été victorieux, faisant dire à leur chef:

-Vraiment, Celui-ci est le plus fier Chrétien que nous ayons vu, disaient-ils, nous le gardons aux fers et il nous parle comme si nous étions ses captifs !

Après négociation, Louis IX est libéré contre une énorme rançon de 400 000 livres (payée partiellement par les Templiers). Saint Louis passa encore quatre années en Terre sainte, aidant les Principautés Franques à réorganiser leur système de défense, qui lui vallu l'estime de tous. L'Emperreur Latin de Constatinople lui offrira même la Couronne d'Epin, précieuse relique ntre totes, et le titre d'Empreur Latin. Les renforts sur lesquels il comptait ne venant pas, il finit par rentrer en France, en 1254, sa mère, Blanche de Castille, qui assurait la régence, étant décédée.


8. La huitième Croisade.


Seize ans plus tard, le dernier effort de son règne sera pour répondre à l'appel angoissé des Papes qui supplient l'Europe, déchirée par les guerres civiles, de s'unir contre l'Islam enivré de ses récentes victoires. L'échec de la septième croisade, que Saint Louis interpréta comme une punition divine l'affectait beaucoup. S'il le faut, Saint Louis IX partira seul ! Mais, ô merveilleux et Saint combat ! Clément IV qui l'a souhaitée cette Croisade voit le Roi de France pris par la maladie, il le sait si nécessaire au Royaume et à la Chrétienté que c'est lui maintenant qui le conjure de rester.

-J'irai, reprend Louis, et le Roi fait accepter du Pontife le sacrifice vers lequel il court.

Il part. Il aborde à Tunis.

-La mort, presque la mort du martyre, est la récompense d'un tel héroïsme Chrétien; échec politique apparent, mais qui achève de consacrer le Saint Roi aux yeux du peuple dont il fut le maître et le père, écrit S. E. le Cardinal Baudrillart.

La mort du Saint Roi sonne le glas des Croisades.


Bilan des Croisades.


Il faut le dire, le but immédiat des Croisades a été atteint, puisque le Tombeau du Christ n'est pas resté aux mains des Infidèles ; et les résultats réels ont été également immenses : et tout d'abord l'appel d'Urbain II, au dire d'un Chroniqueur, Foulques de Chartres, «a renouvelé la paix» entre nations rivales, entre seigneuries hostiles ; la féodalité s'y est glorieusement affaiblie, si bien que l'affranchissement des communes a pu se produire sans heurt. Les Croisades ont donc permis au dire de M. Franz Funck-Brentano «le développement et l’affermissement du pouvoir Royal en France, et dans l'Eglise Catholique, l'accroissement de l'autorité du Souverain Pontife». Le commerce avec l'Orient est devenu beaucoup plus actif. Enfin, les Croisades arrêtèrent pour un temps les invasions musulmanes... et la France acquit, en Orient, une influence considérable au profit de tous les Chrétiens qui sera consacrée, sous le règne de François Ier, par les "Capitulations" préfigurant le Protectaorat Français sur les Lieux Saints, Protectorat qui ne cessera qu'en 1926. Ainsi, l'âme Française qui n'avait voulu travailler que pour Dieu fit «du nom de Français et du nom de Chrétien deux synonymes toujours vivants au coeur des Orientaux» (S. E. le Cardinal Baudrillart : VOCATION CATHOLIQUE DE LA FRANCE, p. 23.).

Ensuite, les Croisades exaltèrent la Foi des peuples et assurèrent la palme du martyre à des multitudes d'âmes.

Enfin, si l'on peut prendre l'avion aujourd'hui pour Tel-Haviv et se rendre à Jérusalem voisine, c'est parce que le Lieux Saints sont libres d'accès depuis les accords passés par Richard Coeur de Lion et plus tard François I° avec l'Empire Ottoman, etau si au Protectorat Français sur les Lieux Saint, que la France n'abandonnera qu'en 1926.

L'un des contemporains, Guibert, abbé de Nogent, racontant tant d'exploits donna comme titre à sa chronique : "Gesta Dei per Francos". Il ne pouvait mieux dire. En entraînant le monde Chrétien à la délivrance des Lieux saints, la France et nos Rois avaient écrit l'une des plus belles pages de notre histoire et, une fois de plus, accompli les Gestes de Dieu.

Ainsi, la grande ombre de Charlemagne surgit à l’origine des Croisades ! Saint Louis les illumine par son héroïsme (en même temps qu'il sacre toute sa Race de l'auréole de la sainteté) et, demain, il sera donné à son descendant, le Roi de France restauré, d'en assurer le triomphe par une dernière Croisade qui détruira à tout jamais la secte de Mahomet et libérera les Lieux Saints, «où, après un règne des plus glorieux, il ira à Jérusalem, sur le Mont des Oliviers déposer sa Couronne et son Sceptre».



Hervé J. VOLTO, CJA


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A lire : René Gousset, Histoire des Croisades et du Royaume Franc de Jérusalem, Tomes I, II et III (Perrin)
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Message par Terrestre le Dim 26 Jan - 7:56

Merci pour cet article Hervé c'est le genre d'informations qui m'intéressent ces temps-ci, je vais réfléchir à comment parler de cette partie de l'histoire autour de moi car c'est une partie de l'histoire complètement occultée à l'école, la plupart des mes amis (moi y compris) n'en ont jamais entendu parler et à part moi aucun n'aime vraiment lire Razz Quand j'essaie de leur expliquer quelque chose au sujet de l'histoire il faut beaucoup vulgariser mais j'ai de l'espoir. Beaucoup d'entre eux sont avides de comprendre pourquoi nous en sommes là où nous en sommes aujourd'hui, et il ne suffira pas de leur dire "c'est parce que les gens ne sont plus croyants", ils ne comprendront qu'une accusation, qu'une tentative de manipulation. Si je peux éclairer les miens en leur racontant simplement l'histoire, ce sera surement plus efficace.
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Message par Hervé J. VOLTO le Lun 27 Jan - 6:19

Le Roi, ou celui qui adoube le Chevalier en son nom -ce ne peut être qu'un Chevalier confirmé- prononce la formule suivante: " Par le Tout Puissant, Par Notre-Dame, par Saint-Georges et par Saint-Michel, je te fais Chevalier et te donne le pouvoir de porter les armes et d'aministrer la justice! " en posant l'épée sur l'épaule droite, sur la tête puis sur l'épaule gauche du Chevalier. La Chevalerie constitue donc la gendarmerie du Roi, elle assure l'ordre public dans le Royaume et la protection Royale, comme la défense de l'Eglise. Le Chevalier novice, ou "bas Chevalier", est dit "Bachelier". Le Chevalier confirmé guide les Bacheliers et porte la bannière de la Maison, et il est dit pour celà "Chevalier Bannerais".

Le Bréviaire du Chavalier médiéval dit:

-L'énergie spirituelle du chemin se sert de la Justice et de la Patience pour préparer les esprits.

Ceci est le Chemin du Chevalier: un chemin facile et, dans le même temps, dificile, parce qu'il oblige à délaisser les choses inutiles et les amitiés marginales. Aussi, on hésite longuement avant de le suivre.
Voici le premier enseignement de la Chevalerie:

-Tu effacera ce que, jusqu'à présent, tu avais écrit sur le cahier de ta vie: inquiétude, insécurité, mensonge. Et à la place de tout ceci, tu écrira la parole " COURAGE ". Commençant le voyage avec cette parole et procédant avec la foi en Dieu, tu arrivera là où tu as besoin d'arriver.

Le chemin du chevalier peut commencer...

La figure de Saint-Géraud d'Aurillac est présenté comme l'idéal du Chevalier, cavalier pieux et milicien Chrétien au service du Roi. L'idéal du Chevalier est sensiblement le même que l'idéal proposé au Roi de France: combattre pour le droit et la justice, protéger les clercs, les femmes, les faibles, les pauvres, l'Eglise et le Saint-Royaume de France. Cette Chevalerie est consacrée à la Très Sainte Virege Marie. On ne peut comprendre le recul de la brutalité féodale que par un action Royale continue, héréditaire, qui oppose une Chevalerie dévouée à des soudards à cheval, sipendiés par des féodaux brutaux et grégaires les utilisant comme des mercenaires.
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