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La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange

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La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange - Page 7 Empty Re: La Providence et la confiance en Dieu par Fr. Garrigou-Lagrange

Message par ami de la Miséricorde le Dim 5 Avr - 22:25

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LA GRACE DE LA BONNE MORT

Le mystère du salut


Avant d'avoir reçu la vision béatifique, la grâce par un instinct secret nous tranquillise sur la conciliation intime de l'infinie Justice et de l'infinie Miséricorde dans la Déité, et elle nous tranquillise ainsi, précisément parce qu'elle est une participation de la Déité et de la lumière de vie, très supérieure à la lumière naturelle de l'intelligence angélique ou de l'intelligence humaine.

Certes toute notre vie intérieure est enveloppée de mystère et de même chacun de nos actes, car tout acte salutaire suppose le mystère de la grâce qui nous le fait produire, et tout péché est un mystère d'iniquité, qui suppose la permission divine du mal en vue d'un bien supérieur, qui nous échappe souvent, et que nous ne verrons clairement qu'au ciel.

Mais dans cette obscurité de la foi, qui est aussi celle de la contemplation ici-bas, ce qui nous rassure, c'est de penser que Dieu est sauveur, que le Christ Jésus est mort pour nous, que son sacrifice se perpétue en substance sur l'autel, et que notre salut est plus assuré entre ses mains qu'entre les nôtres ; nous sommes plus sûrs en effet de la rectitude des intentions divines que de la rectitude de nos intentions les meilleures.

Abandonnons-nous, avec confiance et amour, à l'infinie Miséricorde, c'est le plus sûr moyen d'obtenir d'elle qu'elle s'incline vers nous en ce moment et à l'heure même de notre mort.

Rappelons-nous souvent les belles paroles du Psaume LIV, 23, qui reviennent tous les huit jours, le mercredi à l'office de Tierce : « Jacta super Dominum curam tuam et ipse te enutriet ; non dabit in æternum fluctuationem justo. - Repose-toi de tes soucis sur le Seigneur et il te nourrira ; il ne laissera pas le juste chanceler à jamais ».

Pensons au très beau cantique du vieux Tobie (Tobie, XIII, 2) « Magnus es Domine in æternum et omnia sæcula regnum tuum ; quoniam tu flagellas et salvas, deducis ad inferos et reducis...

Ipse castigavit nos propter iniquitates nostras, et ipse salvabit nos propter misericordiam suam. Vous êtes grand, Seigneur, dans l'éternité, et votre règne s'étend à tous les siècles. Car vous châtier et vous sauvez vous conduisez au tombeau et vous en ramenez. Célébrez le Seigneur, enfants d'Israël..., il nous a châtiés à cause de nos iniquités et il nous sauvera à cause de sa miséricorde ».

Dans cet abandon nous trouverons la paix. Lorsque le Sauveur mourait pour nous, s'unissaient en sa sainte âme la plus vive souffrance, causée par nos péchés, et la paix la plus profonde. De même dans toute mort chrétienne, comme en celle du bon larron, il y a une union très intime de souffrance, de sainte crainte, de tremblement devant l'infinie justice, et de paix profonde. C'est même la paix ou la tranquillité de l'ordre qui domine, comme lorsque Notre-Seigneur dit en mourant : « Consummatum est... Pater, in manus tuas commendo spiritum meum ».

CHAPITRE IV

LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN


Comme nous l'avons vu au chapitre précédent, un des plus grands moyens par lesquels s'exerce la Providence est la charité envers le prochain, qui doit unir tous les hommes pour qu'ils s'entr'aident à marcher vers le même but : la vie éternelle.

Ce sujet est toujours du plus grand intérêt, et il importe d'y revenir souvent, surtout à notre époque où la charité à l'égard du prochain est niée somme toute par l'individualisme sous toutes ses formes, et complètement faussée par l'humanitarisme des communistes et des internationalistes.

L'individualisme ne s'élève pour ainsi dire pas au-dessus de la recherche de l'utile et du délectable pour l'individu, ou tout au plus pour le groupe relativement restreint auquel appartient l'individu. De là l'âpreté de la lutte, parfois entre les membres d'une famille, surtout entre les classes et les peuples.

De là la jalousie, l'envie, la discorde, la haine, les divisions les plus profondes. C'est la méconnaissance du bien commun à des degrés divers, et l'affirmation presque exclusive des droits individuels ou particuliers.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 12 Avr - 9:17

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE IV

LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN


Par opposition, l'humanitarisme des communistes et des internationalistes affirme tellement les droits de l'humanité en général, plus ou moins identifiée d'une façon panthéistique avec Dieu, que les droits des individus, des familles, des peuples, disparaissent, et, sous prétexte d'unité, d'harmonie et de paix, on prépare la pire des confusions, le pire désordre, comme celui qui se voit en Russie depuis la révolution.

Vouloir que, dans un organisme, toutes les parties aient la perfection de la tête, ou supprimer la tête parce qu'elle est plus parfaite que les membres, c'est détruire l'organisme tout entier.

Il est de toute évidence que la vérité se trouve en ces deux erreurs extrêmes et au-dessus d'elles. A égale distance de l'individualisme et du communisme, elle affirme les droits des individus, des familles, et des peuples, et aussi les exigences du bien commun supérieur à tout bien particulier.

C'est ainsi qu'une juste conception des choses veille au bien individuel par la justice commutative, qui règle les échanges entre particuliers, par la justice distributive ou distribution proportionnelle des choses d'utilité commune et des charges, et elle veille aussi au bien commun par la justice légale, selon laquelle doivent s'élaborer et s'observer de justes lois, et par l'équité, qui est attentive à l'esprit de la loi dans les circonstances exceptionnelles où la lettre de la loi ne saurait être appliquée.

Ces quatre espèces de justice, admirablement distinguées par Aristote, et fort bien expliquées par saint Thomas dans son traité de Justitia (IIa-IIae, q. 58, 61, 120), suffisent en un sens à garder le juste milieu au-dessus des erreurs contraires de l'individualisme et du communisme humanitaire. La doctrine de saint Thomas n'est certes pas assez connue sur ce point ; elle pourrait faire l'objet de travaux des plus intéressants et des plus utiles.

Mais ces quatre espèces de justice : justice commutative, justice distributive, justice légale ou sociale, et équité, si parfaites qu'elles puissent devenir, même éclairées par la foi chrétienne, ne sauraient atteindre la perfection de la charité envers Dieu et envers le prochain qui a un objet formel incomparablement supérieur.

Rappelons quel est l'objet premier de la charité et quel est son objet secondaire. Nous verrons ensuite comment pratiquer cette charité envers le prochain et comment s'exécute par elle le plan de la Providence.

Quel est l'objet premier et le motif formel de la charité ?

L'objet premier de la charité est très au-dessus du bien propre de l'individu, au-dessus de celui de la famille, au-dessus de celui de la patrie, de celui même de l'humanité. C'est Dieu, que nous devons aimer par-dessus tout, plus que nous-mêmes, car il est infiniment meilleur que nous. C'est le premier précepte : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toutes tes forces, de tout ton esprit ». (Luc, X, 27).

Ce précepte suprême, auquel tous les autres préceptes et tous les conseils sont subordonnés, est un précepte d'ordre surnaturel, mais il correspond aussi à une inclination naturelle, bien plus, à l'inclination primordiale de notre nature et même en un sens de toute nature créée.

Il y a en nous naturellement certes l'instinct de conservation individuelle, aussi l'instinct de la conservation de l'espèce, l'inclination qui nous porte à défendre notre famille, notre patrie, à aimer aussi tous nos semblables ; mais plus profondément encore, comme l'a montré saint Thomas (Ia, q. 60, a. 5), il y a dans notre nature une inclination qui nous porte à aimer Dieu, auteur de notre nature, plus que nous.

– Pourquoi ? - Parce que ce qui par sa nature même appartient à un autre, comme la partie au tout, la main au corps, est naturellement plus incliné à aimer cet autre que soi-même. C'est ainsi que la main se sacrifie spontanément pour sauver le corps.

Or toute créature, en tout ce qu'elle est, dépend nécessairement de Dieu, créateur et conservateur de notre être, et donc toute créature est naturellement inclinée à aimer à sa manière son Créateur plus qu'elle-même.

Source : Livres-mystiques.com

Saintes Pâques à vous !
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Message par ami de la Miséricorde le Lun 13 Avr - 8:47

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE IV

LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN  

Quel est l'objet premier et le motif formel de la charité ?


C'est ainsi que la pierre tend vers le centre de la terre, pour la cohésion de l'univers, pour le bien même de l'univers, qui est une manifestation de la bonté rayonnante de Dieu. C'est ainsi que la poule, comme le dit Notre-Seigneur, rassemble ses poussins sous ses ailes, pour les défendre contre le milan, et sacrifie, s'il le faut, sa vie individuelle, pour le bien de son espèce, partie du bien de l'univers.

Cette inclination naturelle primordiale est éclairée, chez l'homme et chez l'ange, par la lumière de l'intelligence, et elle nous porte ainsi à aimer plus que nous, de façon plus ou moins consciente, Dieu auteur de notre nature.

Sans doute cette inclination naturelle a été diminuée par le péché originel, mais, malgré cette atténuation, elle subsiste comme la nature même de cette faculté spirituelle, impérissable, qu'est notre volonté.

C'est cette inclination naturelle qui est surélevée par la vertu surnaturelle ou infuse de charité, qui est d'un ordre infiniment supérieur à la nature humaine et même à la nature angélique. A la lumière de la foi infuse, la charité nous fait aimer plus que nous et par-dessus tout Dieu, non plus seulement comme auteur de notre nature, mais comme auteur de la grâce, Dieu « qui nous a aimés le premier », en nous donnant, non seulement l'existence, la vie, l'intelligence, mais aussi et surtout la grâce sanctifiante, germe de la vie éternelle, germe qui doit s'épanouir un jour dans la vision immédiate de l'essence divine, et dans un amour surnaturel très saint que rien ne pourra détruire ni amoindrir.
Tel est l'objet premier de la charité : Dieu, qui nous a aimés le premier, qui nous a communiqué une participation de sa vie intime. C'est pourquoi la charité est une amitié entre Dieu et nous.

Quant au motif formel pour lequel nous devons aimer Dieu, c'est qu'il est infiniment bon en lui-même, infiniment meilleur que nous, et meilleur que tous les dons qu'il peut nous accorder.

Si l'on ne pense pas constamment à cet objet premier et au motif formel de la charité, on ne peut rien comprendre à la façon dont elle doit aimer son objet secondaire.
Il n'y a pas en effet deux vertus de charité, l'une relative à Dieu, l'autre relative au prochain. C'est une seule et même vertu théologale, principe de ces deux amours essentiellement subordonnés.

La charité ne peut rien vouloir que par rapport à Dieu, pour l'amour de Dieu, comme la vue ne peut rien voir que par la couleur et par rapport à elle, comme l'ouïe ne peut rien entendre que le son et ce qui est sonore. Mais pour l'amour de Dieu nous devons aimer tout ce qui a rapport à lui.

Quel est l'objet secondaire de la charité ?

Il nous est exprimé dans le second précepte : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même pour l'amour de Dieu ». L'objet secondaire de la charité c'est d'abord nous-mêmes, en ce sens que nous devons nous aimer saintement nous-mêmes et désirer le salut pour glorifier Dieu éternellement ; l'objet secondaire de la charité c'est ensuite le prochain, que nous devons aimer comme nous-mêmes, pour l'amour de Dieu, c'est-à-dire que nous devons désirer au prochain les biens nécessaires au salut, le salut lui-même, pour qu'avec nous il glorifie Dieu éternellement.

Notre-Seigneur nous présente l'amour du prochain comme la conséquence nécessaire, le rayonnement et le signe de l'amour de Dieu : « Aimez-vous les uns les autres, c'est à ce signe qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ». (Jean, XIII, 35). Saint Jean dit : « Si quelqu'un prétend aimer Dieu et s'il a la haine de son frère, il est un menteur ». (I Jean, IV, 20).

La charité pour le prochain, on le voit, diffère infiniment de l'inclination naturelle qui nous porte à faire du bien pour plaire, qui nous porte à aimer les bienfaisants, à haïr ceux qui nous font du mal, à rester indifférents aux autres. L'amour naturel nous fait aimer le prochain pour ses bonnes qualités naturelles et les bienfaits que nous en recevons. Le motif de la charité est tout autre, la preuve en est que nous devons même « aimer nos ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, prier pour ceux qui nous persécutent ». (Matth., V, 44, Luc, VI, 27, 35).

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Lun 13 Avr - 22:02

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN
Quel est l'objet secondaire de la charité ?


La charité est aussi supérieure à la justice, non seulement à la justice commutative et à la justice distributive, mais même à la justice légale et à l'équité, qui nous font respecter les droits d'autrui par amour du bien commun de la société.

La charité nous fait aimer notre prochain, et même nos ennemis, pour l'amour de Dieu, et du même amour surnaturel et théologal que nous avons pour Dieu.
Comment est-il donc possible d'avoir pour des hommes, généralement imparfaits et parfois méchants, un amour divin ?

La théologie répond par un exemple très simple qu'explique ainsi saint Thomas : Celui qui aime beaucoup son ami aime du même amour les enfants de cet ami, il les aime parce qu'il aime leur père, et à cause de leur père il leur veut du bien ; pour l'amour de leur père il viendra, s'il est nécessaire, à leur secours et leur pardonnera s'il est offensé par eux. Si donc tous les hommes sont enfants de Dieu, ou tout au moins appelés à le devenir, nous devons aimer tous les hommes, même nos ennemis, et les aimer proportionnellement dans la mesure où nous aimons leur Père commun.

Pour aimer ainsi surnaturellement notre prochain, il faut le regarder avec les yeux de la foi, et se dire : Cette personne de tempérament, de caractère peut-être opposés aux miens, est « née non pas seulement de la chair et du sang ou de la volonté de l'homme », mais, comme moi, est « née de Dieu » ou appelée à naître de Dieu, à participer à la même vie divine, à la même béatitude.

Dans une même famille tous les membres doivent se regarder ainsi, et non seulement dans une même famille, mais dans une même association, dans une même patrie, bien plus dans l'Église entière, qui réunit les patries, sans méconnaître leur légitime et nécessaire variété, pour introduire leurs membres dans le royaume de Dieu.

Ainsi nous pouvons et devons dire des âmes avec lesquelles nous vivons, de celles même qui ne nous seraient pas naturellement sympathiques : Cette âme, même si elle n'était pas en état de grâce, est certainement appelée à devenir ou à redevenir enfant de Dieu, temple du Saint-Esprit, membre du corps mystique du Christ ; elle est peut-être plus près que moi du cœur de Notre-Seigneur, c'est une pierre vivante qu'il travaille peut-être plus que d'autres pour la mettre à sa place dans la Jérusalem céleste.

Dès lors comment ne pas l'aimer, si j'aime vraiment mon Dieu ? Et si je n'aime pas cette personne, si je ne désire pas son bien et son salut, mon amour de Dieu est un mensonge. Si au contraire je l'aime, malgré les oppositions de tempérament, de caractère, d'éducation, c'est un signe que j'aime mon Dieu. Je puis aimer vraiment cette personne du même amour essentiellement surnaturel, théologal, que j'ai pour les trois Personnes divines, car ce que j'aime en elle, c'est une participation de la vie intime de Dieu, qu'elle a déjà ou qu'elle est appelée à recevoir, c'est la réalisation de l'idée divine, qui préside à sa destinée, et la gloire qu'elle est appelée à donner à Dieu.

Les incrédules objectent : Mais est-ce vraiment là aimer l'homme ? N'est-ce pas seulement aimer Dieu et le Christ dans l'homme, comme on admire un diamant dans un écrin ?

L'homme voudrait être aimé pour lui-même, mais à ce titre il ne peut demander un amour divin. Et c'est pour réagir contre cette tendance égoïste que Pascal disait sous une forme volontairement paradoxale : « Je ne veux pas qu'on m'aime ».

En réalité la charité n'aime pas seulement Dieu dans l'homme, mais l'homme en Dieu, et l'homme lui-même pour Dieu. Car enfin elle aime ce que l'homme doit être, partie impérissable du corps mystique du Christ, et elle fait tout ce qui est en elle pour lui faire atteindre le ciel. Elle aime même ce que l'homme est déjà par la grâce, et, s'il n'a pas la grâce, elle aime en lui sa nature, non pas en tant qu'elle est déchue, blessée, et hostile à la grâce, mais en tant qu'elle est capable de la recevoir.

La charité aime l'homme lui-même, mais pour Dieu, pour la gloire qu'il est appelé à lui rendre, gloire qui n'est autre que la manifestation de la divine bonté ou son rayonnement.

Telle est l'essence de la charité envers le prochain, ou charité fraternelle, extension de notre amour de Dieu à tous ceux que Dieu aime.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Mar 14 Avr - 20:59

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN

Quel est l'objet secondaire de la charité ?


De là dérivent les propriétés de la charité fraternelle. Il s'ensuit qu'elle doit être universelle ; elle ne doit pas connaître de bornes. Elle ne peut exclure personne sur la terre, dans le purgatoire et dans le ciel.

Elle ne s'arrête que devant l'enfer. Il n'y a que les damnés que nous ne pouvons aimer, car ils ne sont plus capables de devenir enfants de Dieu, et il n'y a plus en eux la moindre velléité de relèvement ; l'orgueil et la haine les empêchent de penser même à demander pardon.

Mais en dehors du fait certain de damnation - et qui pourrait être certain de la perte d'une âme ? - la charité est due à tous, elle ne connaît d'autres limites que celles de l'amour qui est au cœur même de Dieu.

C'est là une chose d'une incomparable grandeur, qui apparaît parfois d'autant plus qu'humainement parlant les âmes sont plus profondément divisées, comme dans la dernière guerre lorsqu'un petit soldat français mourant récitait l'Ave Maria qu'il ne put finir et qu'un jeune soldat allemand acheva de le dire en expirant à côté de lui.

Le Seigneur et la Vierge réunissaient ces deux frères, au moment même où leurs deux patries étaient profondément divisées. Ce sont là les grandes victoires de la charité.

Pour être universelle, la charité ne demande cependant pas à être égale pour tous. Elle respecte et surélève l'ordre dicté par la nature.

Nous devons aimer Dieu d'abord par-dessus tout, plus que nous-mêmes, au moins d'un amour d'estime (appretiative), et, si nous n'éprouvons pas toujours pour lui l'élan sensible du cœur, l'intensité de notre amour pour lui doit incessamment grandir.

Ensuite nous devons aimer notre âme, pour glorifier Dieu éternellement, puis notre prochain, et enfin notre corps, que nous devons sacrifier pour le salut d'une âme, surtout lorsque nous sommes tenus d'y pourvoir.

Parmi le prochain, nous devons aimer davantage ceux qui sont meilleurs, plus près de Dieu, et ceux aussi qui nous sont plus proches, par le sang, l'alliance, la vocation ou l'amitié.

Plus une âme est près de Dieu, plus elle mérite notre estime. Plus elle est près de nous, plus senti est notre amour pour elle, et plus complet doit être notre dévouement, en ce qui touche la famille, la patrie, la vocation ou l'amitié[170]. Ainsi le patriotisme, loin d'être détruit par la charité, est surélevé par elle, comme on le voit dans une Jeanne d'Arc et un saint Louis.

Tel est l'ordre de la charité : Dieu veut régner dans notre cœur, mais il n'exclut aucune affection qui peut se subordonner à la sienne, au contraire il l'élève, la vivifie, la rend plus noble et plus généreuse.

C'est ainsi que nous devons aimer même les ennemis de l'Église, prier pour eux ; mais, sous prétexte de Miséricorde, ce serait renverser l'ordre de la charité d'aimer plus les ennemis de l'Église que certains de ses fils qui travaillent à nos côtés et dont nous sommes peut-être jaloux.

Enfin, comme l'amour de Dieu, la charité fraternelle doit être non seulement affective, mais effective et agissante, non seulement bienveillante, mais bienfaisante. Notre-Seigneur nous a dit : « Aimez-vous comme je vous ai aimés » ; il nous a aimés jusqu'à la mort de la Croix ; les saints l'ont imité, leur vie est un acte continuel de charité rayonnante, qui donne la paix et une sainte joie.

Telle est la charité fraternelle, extension de celle que nous devons avoir pour Dieu.

La pratique de la charité fraternelle et les attentions de la Providence

Sainte Catherine de Sienne dans son Dialogue remarque souvent que la Providence nous a donné aux uns et aux autres des qualités très différentes pour que nous puissions nous aider et nous compléter, et pour que nous ayons ainsi l'occasion fréquente de pratiquer la charité fraternelle.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Mer 15 Avr - 20:53

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CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN

La pratique de la charité fraternelle et les attentions de la Providence

Par ailleurs les occasions d'y manquer ne font pas défaut, même dans des milieux très chrétiens, où, à côté d'admirables vertus, il faut bien constater de réelles infirmités morales. Et même si tous les défauts étaient supprimés, les occasions de heurt et de froissement subsisteraient du fait de la diversité des tempéraments, des caractères, des aptitudes intellectuelles qui orientent celui-ci vers la spéculation, cet autre vers la pratique, qui ouvrent à celui-ci les plus grands aperçus, qui rendent cet autre plus attentif aux détails qu'à l'ensemble.

Les occasions de conflit naissent aussi sous l'influence de celui qui se plaît à diviser pour entraver l'œuvre de Dieu, pour empêcher surtout les choses les plus hautes, les plus divines et les plus belles. Ce n'est qu'au ciel que toute occasion de conflit disparaîtra, parce qu'au ciel tous les bienheureux voient dans le Verbe à la lumière divine tout ce qu'ils doivent désirer et vouloir.

Au milieu de tant de difficultés de tous genres, comment pratiquer la charité fraternelle ? De deux façons. Premièrement par la bienveillance, en voyant le prochain à la lumière de la foi, pour découvrir en lui la vie de la grâce, ou du moins les aspirations à cette vie ; secondement par la bienfaisance, en rendant service, en supportant aussi les défauts d'autrui, en rendant même le bien pour le mal, en évitant la jalousie, et en demandant souvent à Dieu l'union des esprits et des cœurs.

Tout d'abord la bienveillance. Il faut avoir l'œil pur et attentif pour voir dans le prochain, parfois sous une enveloppe épaisse et opaque, la vie divine ou les aspirations latentes à cette vie, qui sont le fruit des grâces actuelles prévenantes que tout homme reçoit un jour ou l'autre. Pour voir l'âme du prochain, il faut être détaché de soi-même.

Souvent ce qui en lui nous impatiente ou nous irrite, ce ne sont pas des fautes graves aux yeux de Dieu, ce sont des défauts de tempérament ou des travers de caractère qui peuvent subsister malgré une réelle vertu. Nous supporterions peut-être assez facilement des pécheurs très éloignés de Dieu mais naturellement aimables, tandis que des âmes assez avancées sont parfois pour nous très exerçantes. Il faut donc être attentif à regarder les personnes avec lesquelles nous vivons à la lumière de la foi, pour découvrir en elles ce qui plaît à Dieu, pour les aimer comme il les aime.

Or ce qui s'oppose à cette bienveillance, c'est le jugement téméraire, qui n'est pas une simple impression, mais qui consiste à affirmer le mal sur un léger indice du mal. On voit deux et l'on affirme quatre, et cela généralement par orgueil. Si c'est pleinement délibéré et consenti en matière grave, ce jugement est un manquement grave à la justice et à la charité. On manque ainsi à la justice parce que le prochain a droit à sa bonne réputation, et, après le droit de faire son devoir, c'est un des plus sacrés, beaucoup plus que le droit de propriété.

Bien des personnes, qui ne voudraient jamais voler vingt francs, volent au prochain sa bonne réputation par des jugements téméraires sans aucun fondement. Le plus souvent le jugement téméraire est faux ; comment juger avec vérité les intentions intérieures d'une personne dont nous ignorons les doutes, les erreurs, les difficultés, les tentations, les bons désirs, les repentirs ?

Et, même si le jugement téméraire est vrai, il reste un manque à la justice, parce qu'en le portant on s'arroge une juridiction qu'on n'a pas : Dieu seul peut juger des intentions des cœurs, tant qu'elles ne sont, pas suffisamment manifestées.

Le jugement téméraire est aussi un manque à la charité, car il procède de la malveillance, bien qu'il soit souvent formulé avec le masque de la bienveillance, à la suite de quelques éloges superficiels, qui amènent un mais caractéristique. Au lieu de voir dans le prochain un frère, on voit en lui un adversaire ou un rival à supplanter.

C'est pourquoi Notre-Seigneur nous dit (Matthieu, VII, 1) : « Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car selon ce que vous aurez jugé, on vous jugera, et de la même mesure dont vous aurez mesuré, on vous mesurera. Pourquoi regardes-tu la paille qui est dans l'œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans le tien ? »

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Jeu 16 Avr - 20:29

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN

La pratique de la charité fraternelle et les attentions de la Providence


Et si le mal est évident, Dieu nous demande-t-il de nous tromper ? Non, mais il nous interdit de murmurer avec orgueil ; il nous commande parfois, au nom même de la charité, la correction fraternelle accomplie avec bienveillance, humilité, douceur, discrétion ; et, si la correction fraternelle individuelle n'est pas possible ou n'aboutit pas, il faut parfois recourir humblement au Supérieur chargé de veiller au bien commun.

Enfin, comme le dit sainte Catherine de Sienne, lorsque le mal est évident, la perfection serait, loin de murmurer, d'avoir compassion et de nous en charger nous-mêmes, en partie du moins, devant Dieu, à l'exemple de Notre-Seigneur qui s'est chargé de toutes nos fautes et qui nous a dit : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés ». (Joan., XIII, 34). C'est une des plus grandes beautés du plan providentiel.

Et donc, pour réprimer le jugement téméraire, il faut nous habituer à voir le prochain à la lumière de la foi.

Il faut aussi l'aimer véritablement, efficacement, pratiquement, avoir pour lui une charité non seulement bienveillante, mais bienfaisante. Comment ?

En rendant service, lorsqu'on nous le demande, et lorsque la chose nous est possible. En supportant aussi les défauts du prochain, ce qui est une manière de lui rendre service et de l'amener peu à peu à se corriger.

A ce point de vue rappelons-nous que ce qui nous impatiente souvent le plus dans le prochain, ce ne sont pas des fautes graves aux yeux de Dieu, mais des défauts de tempérament, par exemple une certaine nervosité, qui lui fait fermer brusquement les portes, une certaine étroitesse de jugement, un manque d'à-propos assez fréquent, certaine manie de se mettre en avant et autres défauts de ce genre.

Supportons-nous mutuellement dans la charité, sans nous irriter d'un mal permis par Dieu pour humilier celui-ci et exercer cet autre ; que notre zèle ne tourne pas à l'amertume, et en nous plaignant des autres n'arrivons pas à nous persuader que nous avons réalisé l'idéal. Ne faisons pas la prière du pharisien.

Sachons dire aussi au moment opportun une bonne parole. La Providence nous donne ainsi le moyen de nous entr'aider. Un religieux accablé de difficultés est parfois relevé par un simple mot de son supérieur qui lui souhaite beaucoup de consolations dans son ministère et tout juste d'ennuis pour faire ici-bas son purgatoire.

Pour aimer effectivement le prochain, il faut bien veiller, cela va sans dire, à éviter la jalousie, et pour cela, comme le remarque quelque part Bossuet, il faut jouir saintement des qualités que le bon Dieu a données aux autres et qui ne se trouvent pas en nous. Il en est ainsi pour la division du travail et des fonctions dans l'Église, pour la beauté de l'Église, pour celle des communautés.

Comme le dit saint Paul, la main, loin de jalouser l'œil, bénéficie de la lumière qu'il reçoit ; ainsi, loin de nous jalouser les uns les autres, jouissons des qualités que nous trouvons dans le prochain ; elles sont à nous, car le prochain et nous sommes les membres d'un même corps mystique, où tout doit concourir à la gloire de Dieu et au salut des âmes.

Non seulement il faut se supporter et éviter la jalousie, mais il faut rendre le bien pour le mal, par là prière, par le bon exemple, par l'assistance mutuelle. On dit qu'un des moyens de s'attirer les bonnes grâces de sainte Thérèse était de lui faire de la peine.

Elle pratiquait le conseil de Notre-Seigneur : « Si l'on veut te prendre ta tunique, donne aussi ton manteau ». La prière pour le prochain au moment où nous avons à souffrir de lui est particulièrement efficace, telle la prière de saint Étienne premier martyr pour ses bourreaux, et celle de saint Pierre martyr pour celui qui lui donna la mort.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Sam 18 Avr - 9:37

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE IV
LA PROVIDENCE ET LA CHARITÉ ENVERS LE PROCHAIN

La pratique de la charité fraternelle et les attentions de la Providence


Enfin il faut, pour bien pratiquer la charité fraternelle, demander souvent l'union des esprits et des cœurs. Dans l'Église naissante les premiers chrétiens ne faisaient « qu'un cœur et qu'une âme », et l'on disait d'eux : « Voyez comme ils s'aiment » ; Notre-Seigneur avait dit : « C'est à ce signe qu'on reconnaîtra que vous êtes mes disciples ».

Il faut que toute famille chrétienne et toute famille religieuse rappelle en cela, à la lumière de la foi, l'union intime des chrétiens de l'Église naissante. Ainsi continuera à se réaliser la prière du Christ Jésus (Jean, XVII, 20) :

« Je ne prie pas seulement pour eux (les Apôtres), mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi, pour que tous ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous pour que, eux aussi, ils soient un en nous, afin que le monde croie que vous m'avez envoyé. La lumière que vous m'avez donnée, je la leur ai donnée, pour qu'ils soient un, comme nous sommes un ».

Par là s'exécute fortement et suavement le plan providentiel ; les hommes s'entr'aident ainsi véritablement à marcher vers la vie éternelle. C'est aussi une preuve de l'origine divine du Christianisme, car le monde qui bâtit sur l'égoïsme, l'amour-propre, les intérêts qui divisent, ne peut manifestement produire cette charité ; ses associations à lui ne tardent pas à se dissoudre, car sous les grands mots sonores de solidarité et de fraternité se cachent souvent des jalousies et des haines profondes.

Seul le Sauveur peut nous délivrer, et c'est pour cela qu'Il est venu. « Qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de caelis... et homo factus est ».

CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS


Ce qui montre le mieux la grandeur, la bonté de la Providence et du gouvernement divin, c'est la communion des saints. Nous l'avons dit, la Providence ordonne immédiatement toutes choses, même les plus infimes ; mais le gouvernement divin, qui est l'exécution du plan providentiel, atteint les êtres inférieurs par l'intermédiaire des êtres plus élevés, et assiste ainsi les hommes en voyage vers l'éternité et les âmes du purgatoire par les saints du ciel et par les anges. C'est ce que nous montre surtout le dogme de la communion des saints : « Credo in Spiritum sanctum, sanctam Ecclesiam catholicam, communionem sanctorum ».

Ce dogme signifie la communion ou mutuelle relation qui existe entre les divers membres de l'Église militante, souffrante, et triomphante, et la participation aux mérites du Christ et des saints. Il y a une communication réciproque des mérites des justes.

Ce dogme a été attaqué par les protestants comme une superfétation ; quelques-uns ont même prétendu que les catholiques tombent dans un certain polythéisme, en rendant un culte aux saints, et en les considérant comme des dieux.

D'autres n'ont voulu voir dans la communication réciproque des mérites des justes qu'un système mécanique par lequel les pécheurs pourraient être justifiés sans y coopérer.

Il suffit de bien exposer ce dogme pour voir que c'est le défigurer complètement que de l'entendre ainsi.

Bien loin d'être une superfétation, il est la synthèse des principales vérités de la foi, des dogmes de la Trinité, de l'habitation des Personnes divines dans les justes, des dogmes du Christ tête de l'Église militante, souffrante et triomphante, de la grâce, de la valeur des œuvres méritoires, satisfactoires, et de la prière. Voyons ce qu'est la communion des saints selon l'Écriture, nous considérerons spécialement ensuite la relation des âmes avec Dieu et le Christ, et leurs relations entre elles.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 19 Avr - 9:13

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

La communion des saints selon la Sainte Écriture


Cette vérité dogmatique peut s'exprimer ainsi : Il y a une communion des saints, par laquelle tous les membres du Christ, par Lui et en Lui, sont étroitement unis et participent à des degrés divers aux mêmes biens spirituels.

Cela apparaît clairement dans l'Évangile, là où il est parlé du royaume de Dieu, qui n'est pas seulement une société extérieure, visible, l'Église militante, ordonnée au salut des âmes, mais aussi une société spirituelle comprenant avec les fidèles de la terre, les âmes justes des défunts, les saints du ciel et les anges, tous unis à Dieu par le Christ, et vivant de la même vérité et de la même charité.

La charité apparaît comme le vinculum perfectionis, le lien spirituel qui unit toutes ces âmes entre elles, en les unissant à Dieu.

Le témoignage de l'Évangile est des plus clairs sur ce point. D'abord Notre-Seigneur annonce et prépare, puis il fonde le règne de Dieu, dont les membres unis par la charité doivent former une vraie famille, qui a Dieu pour Père ; à cette famille appartiennent les anges, qui se réjouissent, est-il dit dans l'Évangile, de la conversion des pécheurs.

Il suffit de se rappeler les paroles de Jésus rapportées en saint Matthieu, et presque toujours aussi en saint Marc et en saint Luc.

D'abord saint Jean-Baptiste prêche : « Repentez-vous, car le royaume des cieux est proche ».

Puis Notre-Seigneur envoyant ses Apôtres pour évangéliser dit : « Celui qui vous reçoit, me reçoit, et celui qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé ».

Un peu plus tard, il dit : « Si c'est par l'Esprit de Dieu que je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc venu à vous ».

Tous les fidèles sont frères, puisque tous sont enfants de Dieu et doivent lui adresser cette prière : Notre Père qui êtes aux cieux...

De même Notre-Seigneur nous a dit : « Priez pour ceux qui vous maltraitent et vous persécutent : afin que vous soyez les enfants de votre Père qui est dans les cieux et qui fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons »

Ce dogme de la communion des saints apparaît plus clairement encore dans le sermon de Notre-Seigneur après la Cène, rapporté en saint Jean : « Je suis la vigne, et vous êtes les rameaux. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, porte beaucoup de fruit ; car, séparés de moi, vous ne pouvez rien faire ».

Et plus loin : « Je ne prie pas pour eux seulement (pour les Apôtres), mais aussi pour ceux qui, par leur prédication, croiront en moi, pour que tous, ils soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous ».

C'est pourquoi saint Jean dit dans sa 1re Épître, 1, 3 : « Ce que nous avons vu et entendu, nous vous l'annonçons, afin que vous aussi vous soyez en communion avec nous et que notre communion soit avec le Père et avec son Fils Jésus-Christ ». Voilà bien le dogme de la communion des saints.

Saint Paul l'exprime souvent et l'explique en montrant que le Christ, ressuscité et toujours vivant, est la tête d'un corps mystique dont nous sommes les membres.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 19 Avr - 20:47

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

Les relations des membres avec le Christ médiateur et avec Dieu


Comme il y a dans notre organisme physique un influx de la tête sur les membres, pour leur communiquer par les nerfs le mouvement qui leur convient, ainsi il y a dans le corps mystique un influx de l'humanité du Sauveur sur tous les fidèles, sur tous les membres de ce corps, pour leur communiquer la vie de la grâce, la foi, l'espérance, la charité, et pour donner aux bienheureux dans le ciel la grâce consommée et inamissible qui s'appelle la gloire.

Ainsi le Sauveur nous applique les fruits de ses mérites en nous transmettant toutes les grâces qu'il nous a obtenues sur la Croix.

Son humanité nous les transmet comme l'instrument toujours uni à la divinité, qui est la source de toute grâce ; les sacrements nous les transmettent comme des instruments séparés, qui vibrent en quelque sorte sous la touche du Christ, pour atteindre nos âmes et les vivifier.

Cette communication de grâces se fait surtout tous les jours par la sainte Messe, qui perpétue en substance le sacrifice de la Croix sur l'autel, nous en applique les fruits, et nous permet d'y participer par la communion. De la sorte notre âme voyageuse, en marche vers l'éternité, peut grandir tous les jours dans la vie de la grâce.

L'influence surnaturelle de Dieu et du Christ sur nous est donc surtout une influence de lumière et d'amour, puisqu'elle transmet aux fidèles de la terre et aux âmes du purgatoire la lumière de la foi, celle des dons du Saint-Esprit et l'amour de charité, comme elle communique aux bienheureux dans le ciel la lumière de gloire, principe de la vision béatifique, et l'amour de charité que rien ne peut plus désormais détruire ou amoindrir.

Les membres du corps mystique, vivant ainsi sous cet influx surnaturel de lumière et d'amour, doivent faire remonter vers le Très-Haut cette vie surnaturelle, cette connaissance et cet amour qui chantent la gloire de Dieu, en reconnaissant son infinie bonté.

C'est ainsi que de toutes les âmes justes de la terre, du purgatoire et du ciel s'élève vers Dieu un amour par lequel le Souverain Bien est préféré à toutes choses.

Cet acte d'amour, sous la lumière de la foi, inspire aux fidèles de la terre un culte d'adoration, de supplication, d'action de grâces et de réparation, surtout au moment de la Messe ; ce sont là les quatre fins du sacrifice.

Dans les âmes du purgatoire, l'amour de Dieu leur inspire surtout un culte d'adoration et de réparation. Dans les bienheureux, l'amour de Dieu, sous la lumière de gloire, inspire un culte d'adoration et d'action de grâces, qui durera éternellement.

Ainsi l'influx surnaturel de lumière et d'amour qui descend de Dieu, par le Christ rédempteur, sur les âmes de la terre, du purgatoire et du ciel, remonte en quelque sorte vers Dieu, comme un chant de reconnaissance, qui donne à ces âmes la paix, en les tenant sous le rayonnement de la bonté divine.

C'est là le but de la création : le Seigneur a créé toutes choses pour manifester sa bonté, et sa gloire n'est pas autre chose que cette bonté rayonnante.

Les relations des membres entre eux

Si tels sont les liens de toutes les âmes justes de la terre, du purgatoire et du ciel avec le Christ médiateur et avec Dieu, cause première de la grâce, on s'explique quelles sont les relations des membres entre eux et particulièrement celle de l'Église triomphante avec l'Église souffrante et l'Église militante.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Lun 20 Avr - 21:01

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

Les relations des membres entre eux


Les bienheureux au ciel intercèdent pour les fidèles de la terre et pour les âmes du purgatoire, et nous pouvons recourir avec confiance à leur intercession, surtout à celle de Marie médiatrice, comme l'Église le fait incessamment par l'Ave Maria et les Litanies de Lorette. Saint Paul écrit aux Hébreux, XII, 22 :

« Vous vous êtes approchés de la montagne de Sion, de la cité du Dieu vivant qui est la Jérusalem céleste, des myriades qui forment les chœurs des anges, de l'assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux, du juge qui est le Dieu de tous, des esprits des justes parvenus à la perfection, de Jésus, le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l'aspersion, qui parle plus éloquemment que celui d'Abel ».

Tous les saints, en union avec le Christ, intercèdent pour nous, lorsque nous les invoquons. Les anges, subordonnés au Christ, viennent eux aussi à notre secours.

Saint Paul aime à dire aux Colossiens, I, 16 : que toutes les créatures même les plus hautes sont subordonnées au Verbe fait chair : « les Trônes, les Dominations, les Principautés, les Puissances, tout a été créé par lui et pour lui...

Il est la tête du corps de l'Église », et à l'Église triomphante appartiennent les anges eux-mêmes, que Jésus et Marie dépassent par l'intensité de leur charité, et de la lumière de gloire.

Il y a aussi des liens très étroits entre l'Église militante et l'Église souffrante. Nous devons prier pour les âmes du purgatoire, faire célébrer des messes pour leur délivrance, gagner des indulgences pour elles, c'est-à-dire obtenir que les fruits des mérites du Sauveur et des saints leur soient appliqués.

Et très certainement nous sommes récompensés par Dieu des actes de charité que nous faisons pour ces âmes en priant pour elles et en acceptant les contrariétés qui se présentent, pour alléger leurs souffrances.

Cette prière pour les défunts a toujours existé dans l'Église. Saint Paul implore la miséricorde de Dieu pour le repos de l'âme de son ami Onésiphore, comme il le dit dans la IIe Ép. à Timotée, I, 18.

Enfin des liens non moins étroits unissent les fidèles de la terre les uns avec les autres. Ils peuvent s'aider mutuellement par la prière, par les bonnes œuvres méritoires et satisfactoires, en tant que le juste peut mériter au sens large de ce mot pour son prochain, et en ce même sens satisfaire ou porter la peine due aux péchés du prochain.

Dieu en effet, par égard aux prières, aux mérites, aux souffrances des justes unis au Christ, fait Miséricorde aux pécheurs. Le Seigneur dit à Abraham : « Si je trouve à Sodome dix justes dans la ville, je pardonnerai à toute la ville ; pour l'amour d'eux, je ne la détruirai pas » Genèse, XVIII, 32.

Saint Paul nous parle des relations spirituelles des fidèles de la terre entre eux, lorsqu'il nous dit : « Il y a diversité de dons, mais c'est le même Esprit, diversité de ministères, mais c'est le même Seigneur ; diversité d'opérations, mais c'est le même Dieu qui opère en tous ».

- « Il n'y a qu'un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés par votre vocation à une même espérance. Il n'y a qu'un Seigneur, une foi, un baptême, un Dieu, Père de tous, qui est au-dessus de tous, qui agit par tous, qui est en tous ».

Source : Livres-mystiques.com

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Message par Loiseau le Mar 21 Avr - 13:53

Bonjour l'ami. Auriez-vous ce livre en pdf ?
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Message par ami de la Miséricorde le Mar 21 Avr - 20:54

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

Les relations des membres entre eux


« Ainsi le corps humain n'est pas un seul membre; mais il est formé de plusieurs. Si le pied disait : « Puisque je ne suis pas main, je ne suis pas du corps », en serait-il moins du corps pour cela ? Et si l'oreille disait : « Puisque je ne suis pas œil, je ne suis pas du corps », en serait-elle moins du corps pour cela ? Si tout le corps était œil, où serait l'ouïe ?... L'œil ne peut pas dire à la main : « Je n'ai pas besoin de toi » ; ni la tête dira aux pieds : « Je n'ai pas besoin de vous »...

Et si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui ; si un membre est honoré, tous les membres s'en réjouissent avec lui. Vous êtes le corps du Christ, et vous êtes ses membres, chacun pour sa part »[184]. - Et donc « portez les fardeaux les uns des autres et vous accomplirez ainsi la parole du Christ... Pendant que nous en avons le temps, faisons le bien envers tous, et surtout envers les frères dans la foi ».

Si nous voyions le corps mystique comme on voit une multitude de personnes, nous apercevrions une foule immense d'hommes, de femmes, d'enfants, nous verrions en eux à des degrés divers la faim de Dieu, plus ou moins consciente, et aussi la tentation, la peine ; ici des âmes très généreuses dans la souffrance ; là des chrétiens ordinaires, plus bas des âmes sur le point de succomber à la tentation qui vient des sens, d'autres sur le point de perdre la foi, des vieillards près de la tombe, et nous comprendrions que le vrai chrétien, qui vit d'oraison, doit vivre penché sur les âmes comme une mère sur le berceau de son enfant.

Pensons aussi que, comme le dit saint Thomas (Ia-IIae, q. 89, a. 6), lorsque l'enfant, même non baptisé et infidèle, arrive pleinement à l'âge de raison, il doit choisir entre la bonne route on la mauvaise, entre le devoir ou le plaisir, entre la vraie fin dernière confusément connue et ce qui s'oppose à elle ; s'il ne résiste pas à la grâce qui lui est alors offerte, il aime Dieu confusément connu par-dessus tout, il est par suite justifié et entre ainsi dans le corps mystique. « Si vero ordinet seipsum ad debitum finem, per gratiam consequetur remissionem originalis peccati » (loc. cit.).

Or le sang précieux du Sauveur nous a été donné pour que nous puissions l'offrir avec lui pour tant d'âmes qui ne le connaissent pas encore ou qui se détournent de lui.

Entre tous les fidèles doit donc régner la charité, vinculum perfectionis, qui nous unit à Dieu, au Christ médiateur, à Marie médiatrice et par eux à toutes les âmes du ciel et du purgatoire.

En ce temps de révolution non plus seulement européenne mais mondiale, où les ligues athées des « sans Dieu » nées au sein du bolchevisme russe se propagent dans les divers pays, et où se prépare un terrible conflit entre l'esprit du Christ et celui du démon, on ne saurait trop vivre de ce mystère de la communion des saints.

On sent le besoin pressant de s'élever au-dessus de l'opposition violente qui existe entre le communisme international d'inspiration matérialiste, qui supprime la dignité de la personne humaine, de la famille et de la patrie, et un nationalisme, qui, lorsqu'il est non seulement défensif, mais offensif, tourne de divers côtés au culte idolâtrique de la nation.

Il faut de toute nécessité, en conservant l'amour vrai, héroïque s'il le faut, de son pays, penser plus encore à la Cité de Dieu, qui commence ici-bas et s'achève dans la patrie définitive, où toutes les âmes de tous les peuples devraient un jour se réunir.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Mer 22 Avr - 21:17

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

Les relations des membres entre eux


Les âmes croyantes des différents pays, non seulement d'Europe, mais du monde entier, doivent s'unir sans tarder dans une fervente prière, surtout au saint sacrifice de la messe, pour obtenir que la paix du Christ règne parmi les nations.

C'est le même corps et le même sang du Sauveur qui sont offerts sur tous les autels de la terre, à Rome, à Jérusalem, en toutes les églises catholiques des cinq parties du monde.

C'est la même oblation intérieure toujours vivante au cœur du Christ qui est l'âme de toutes les messes qui se célèbrent par milliers chaque jour, partout où le soleil se lève.

II faut instamment demander que le règne de Dieu arrive, le demander par Marie médiatrice, pour qu'elle présente cette prière à son Fils, à qui le genre humain tout entier fut consacré par sa S. S. Léon XIII au début de ce siècle.

Cette consécration du genre humain tout entier, y compris les infidèles, attire sur eux de nouvelles grâces.

C'est en vivant plus profondément du mystère de la communion des saints, surtout en faisant célébrer des messes pour la conversion des infidèles, qu'on peut efficacement préparer auprès d'eux l'apostolat des missionnaires.

Comme l'a compris le Père de Foucauld, il faut préparer d'avance cet apostolat en baignant pour ainsi dire les âmes des infidèles dans le sang du Christ qui nous a été donné, et que nous pouvons offrir avec Lui tous les jours.

La communion des saints met entre nos mains le calice de la surabondante rédemption, pour que par la prière et le sacrifice nous le fassions déborder sur les âmes qui, sans le savoir peut-être, ont faim de Dieu et qui se meurent loin du Christ.


A la doctrine que nous exposons on a objecté : comment se fait-il que tant de milliers de saints soient au ciel confirmés en grâce et qu'ils n'obtiennent pas la conversion de plus de pécheurs ?

Un contemplatif a justement répondu : « Sans être séparés, le Ciel et l'Église de la terre sont distincts.

De même qu'il y a dans une seule étoile de quoi faire fondre toutes les glaces de la terre et que pourtant nous devions subir les rigueurs de l'hiver ; de même que pour soulever un fardeau avec un puissant levier il faut un point d'appui, Dieu veut que toute action du ciel ici-bas ait un point d'appui sur la terre.

Ce point d'appui ce sont les saints qui poursuivent leur pèlerinage en cette vie.

Cette puissance incompréhensible du ciel n'a toute son efficacité sur la terre que par quelqu'un qui communie vraiment avec Jésus-Christ, que par quelqu'un qui est en communication immédiate avec le Calvaire et la Croix ».

Comme l'écrivait le Père de Foucauld : « Celui qui possède Jésus n'est-il pas assez riche et assez heureux » ? Fût-il délaissé de tous, il a l'unique nécessaire, et, par la prière et le sacrifice, il peut le donner aux autres.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Jeu 23 Avr - 21:47

CINQUIÈME PARTIE
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CHAPITRE V
LA PROVIDENCE ET LA COMMUNION DES SAINTS

Les relations des membres entre eux


Les conséquences pratiques du mystère de la communion des saints sont innombrables. Bossuet les résume fort bien dans son Catéchisme de Meaux Il s'ensuit que tous les biens spirituels sont communs entre les fidèles : les grâces que chacun reçoit et les bonnes œuvres qu'il fait, profitent à tout le corps et à chaque membre de l'Église, à cause de leur intime union. Et donc lorsqu'un membre de l'Église a quelque bien, que tous les autres s'en réjouissent, au lieu de se laisser aller à la jalousie. Lorsqu'un membre est affligé, que tous y compatissent, au lieu de fermer leur cœur.

Quels vices sont exclus par cette communion des fidèles ? Les inimitiés et les jalousies. Ceux qui sont jaloux pèchent contre cet article du Symbole : la communion des saints.

Nous comprenons enfin pourquoi en ce dogme les fidèles sont appelés saints : parce qu'ils sont appelés à la sainteté, et qu'ils sont consacrés à Dieu par le baptême.
Qui sont ceux à qui ce nom de saint convient particulièrement ?

Ce sont ceux qui, dans une foi parfaite, mènent aussi une sainte vie.

On voit par là quel malheur il y a à être privé de la communion des saints ; ainsi par l'excommunication l'Église prive les pécheurs scandaleux de la fréquentation des sacrements, source de vie, jusqu'à ce que le pécheur veuille sincèrement se repentir.
Rien ne montre mieux que ce mystère de la communion des saints que la vie chrétienne dès ici-bas est la vie éternelle commencée, puisqu'elle est surtout la grâce sanctifiante et la charité, qui sont vraiment en nous le germe de la gloire.

On voit ainsi admirablement à quel but suprême la Providence ordonne tout, et quel est le sens et la portée de la parole de Notre-Seigneur, dans l'Oraison sacerdotale : « Que tous ceux qui croient en moi soient un, comme vous, mon Père, vous êtes en moi et moi en vous » Jean, XVII, 22.

CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN


Le gouvernement divin, avons-nous dit, veille à l'exécution du plan providentiel, il a pour fin la manifestation de la bonté divine, qui donne et conserve aux justes la vie éternelle.

Voyons d'abord ce que nous dit de cette fin la révélation imparfaite de l'Ancien Testament, pour mieux apprécier ensuite la plénitude de lumière donnée dans l'Évangile. Ainsi aimait à procéder saint Augustin en particulier dans l'admirable ouvrage qu'il écrivit sur la Providence ou sur le plan divin : La Cité de Dieu, sa constitution progressive ici-bas et son plein développement dans l'éternelle béatitude.

L'annonce imparfaite

Dans l'Ancien Testament la fin dernière du gouvernement divin n'était exprimée que d'une façon encore imparfaite, souvent, symbolique.

La terre promise par exemple était la figure du ciel ; le culte tout entier avec ses sacrifices et ses différents rites et plus encore les prophéties annonçaient la venue du Rédempteur promis, qui devait apporter la lumière et la paix, la réconciliation avec Dieu.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Sam 25 Avr - 9:27

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

L'annonce imparfaite


L'annonce du Rédempteur contenait ainsi confusément celle de la vie éternelle, qui devait nous venir par lui. Avant la plénitude de la révélation contenue dans l'Évangile, on s'explique que l'Ancien Testament ne donne pas beaucoup de lumière sur l'éternelle béatitude, car avant la passion et la mort du Christ les âmes des justes devaient attendre dans les limbes que le Sauveur leur ouvrît les portes du ciel.

Cependant, nous l'avons vu, de temps en temps les prophètes avaient des paroles très hautes, fort expressives sur la grandeur de la récompense que Dieu réserve aux justes dans l'autre vie, paroles qui précisaient ce qui avait été déjà dit avant eux.

Le Psalmiste avait dit : « Pour moi, dans mon innocence, je verrai ta face ; à mon réveil, je me rassasierai de ton image, satiabor cum apparuerit gloria tua » Ps. XVI, 15. Job avait parlé de même.

Isaïe, ch. LX, 19, parlant de la nouvelle Jérusalem, disait : « Yahvéh sera pour toi une lumière éternelle, et ton Dieu sera ta gloire, ton soleil ne se couchera plus, car Yahvéh sera pour toi une lumière éternelle et les jours de ton deuil seront achevés ».

Daniel écrivait, ch. XII, 13 : « Ceux qui auront eu l'intelligence des choses de Dieu (et auront été fidèles à sa loi brilleront comme la splendeur du firmament, et ceux qui en auront conduit beaucoup à la justice, seront comme les étoiles éternellement et toujours »

Il ne s'agit pas ici des justes futurs qui viendront plus tard sur la terre, il s'agit de ceux qui existent déjà et de ceux qui sont morts, la récompense qui leur est promise est éternelle.
Plus clairement encore il est écrit au livre IIe des Machabées, VII, 9, nous l'avons vu, qu'un de ces martyrs dit à ses bourreaux en expirant : « Scélérat que tu es ; tu nous ôtes la vie présente, mais le Roi de l'univers nous ressuscitera pour une vie éternelle, nous qui mourons pour être fidèles à ses lois ».

C'est aussi de la béatitude éternelle que parlait le Livre de la Sagesse, ch. III, 1, en disant : « Au jour de leur récompense les justes brilleront semblables à une flamme qui sort à travers les roseaux. Ils jugeront les nations et domineront sur les peuples, le Seigneur régnera sur eux à jamais...

Car la grâce et la Miséricorde sont pour ses saints et il prend soin de ses élus ». - « Les justes vivent éternellement, leur récompense est auprès du Seigneur, et le Tout-Puissant a soin d'eux ». Ibid., V, 1 et ss.

L'annonce imparfaite de la vie éternelle contenait ainsi parfois des lueurs d'aurore avant le lever du soleil.

La vie éternelle selon le Nouveau Testament

La plénitude de la révélation contenue dans le Nouveau Testament nous parle de l'éternelle béatitude d'une façon accessible à tous. Maintenant en effet le Christ nous a été donné, et tandis que tout ce qui le précédait annonçait sa venue, lui-même désormais annonce le royaume de Dieu à tous les peuples, et conduit les âmes à la vie éternelle.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 26 Avr - 8:44

CINQUIÈME PARTIE
PROVIDENCE, JUSTICE ET MISÉRICORDE

CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vie éternelle selon le Nouveau Testament


Très souvent cette expression revient dans les sermons du Sauveur conservés dans les trois premiers évangiles.

Il y est dit de la récompense des justes : «ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront les fils de Dieu, étant fils de la résurrection » Luc, XX, 36. - « Les justes iront à la vie éternelle » Matth., XXV, 46, Marc, X, 30. Il n'est pas dit seulement qu'ils iront à la vie future dont ont parlé des philosophes comme Socrate et Platon, mais à la vie éternelle, qui participe à l'éternité de Dieu, au-dessus du temps, du passé, du présent et du futur.

Jésus dit encore, ce qui rappelle la prophétie de Daniel, XII, 13 : « Les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » Matth., XIII, 43.

« Le Fils de l'homme leur dira : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde (voilà bien la fin du gouvernement divin). Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire... vous m'avez recueilli,... vêtu,.., visité... » Matth., XXV, 34.

Dès le sermon sur la montagne Jésus avait dit : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu... Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse parce que votre récompense sera grande dans les cieux » Matth., V, 8-12. Voilà la vraie terre promise dont l'Ancien Testament ne parlait guère que par symboles ; les âmes n'étaient pas encore prêtes à recevoir la pleine lumière, elles faisaient l'expérience de leur profond besoin de rédemption.

Dans l'Évangile de saint Jean, Jésus plus souvent encore parle de la vie éternelle. A la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu !... Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » Jean, VI, 10-14.

A plusieurs reprises en ce quatrième évangile Jésus dit : « Celui qui croit en moi, a la vie éternelle » Jean, III, 36 ; VI, 40, 47 ; c'est-à-dire : celui qui croit en moi d'une foi vive unie à l'amour de Dieu, a la vie éternelle commencée.

Pourquoi ? Parce que, comme il est dit plus loin dans l'oraison sacerdotale : « la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » Jean, XVII, 3.

« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde » Jean, XVII, 24. Pour voir la gloire du Christ il faut être où il est lui-même déjà par le sommet de sa sainte âme, dans le ciel. Il le dit lui-même : « Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel » Jean, III, 11-13.

Dans le même sens Jésus a dit : « En vérité, en vérité, je vous l'affirme, quiconque gardera ma parole ne verra jamais la mort » Jean, VIII, 51, et au tombeau de Lazare : « Je suis la résurrection et la vie..., celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » Jean, XI, 25-26. Voilà la plénitude de la révélation annoncée de loin par Job, par le Psalmiste, par Isaïe, par Daniel, par le livre des Machabées et par celui de la Sagesse. Ce n'était alors qu'un ruisseau ; maintenant c'est un fleuve immense qui va se perdre dans l'océan infini de la vie divine.

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 26 Avr - 8:44

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vie éternelle selon le Nouveau Testament


Très souvent cette expression revient dans les sermons du Sauveur conservés dans les trois premiers évangiles.

Il y est dit de la récompense des justes : «ils ne pourront plus mourir, parce qu'ils seront semblables aux anges, et qu'ils seront les fils de Dieu, étant fils de la résurrection » Luc, XX, 36. - « Les justes iront à la vie éternelle » Matth., XXV, 46, Marc, X, 30. Il n'est pas dit seulement qu'ils iront à la vie future dont ont parlé des philosophes comme Socrate et Platon, mais à la vie éternelle, qui participe à l'éternité de Dieu, au-dessus du temps, du passé, du présent et du futur.

Jésus dit encore, ce qui rappelle la prophétie de Daniel, XII, 13 : « Les justes resplendiront comme le soleil dans le royaume de leur Père » Matth., XIII, 43.

« Le Fils de l'homme leur dira : « Venez, les bénis de mon Père, prenez possession du royaume qui vous a été préparé dès la fondation du monde (voilà bien la fin du gouvernement divin). Car j'ai eu faim et vous m'avez donné à manger, j'ai eu soif et vous m'avez donné à boire... vous m'avez recueilli,... vêtu,.., visité... » Matth., XXV, 34.

Dès le sermon sur la montagne Jésus avait dit : « Heureux ceux qui ont le cœur pur, car ils verront Dieu... Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse parce que votre récompense sera grande dans les cieux » Matth., V, 8-12. Voilà la vraie terre promise dont l'Ancien Testament ne parlait guère que par symboles ; les âmes n'étaient pas encore prêtes à recevoir la pleine lumière, elles faisaient l'expérience de leur profond besoin de rédemption.

Dans l'Évangile de saint Jean, Jésus plus souvent encore parle de la vie éternelle. A la Samaritaine : « Si tu savais le don de Dieu !... Celui qui boira de l'eau que je lui donnerai n'aura plus soif ; l'eau que je lui donnerai deviendra en lui une source jaillissant en vie éternelle » Jean, VI, 10-14.

A plusieurs reprises en ce quatrième évangile Jésus dit : « Celui qui croit en moi, a la vie éternelle » Jean, III, 36 ; VI, 40, 47 ; c'est-à-dire : celui qui croit en moi d'une foi vive unie à l'amour de Dieu, a la vie éternelle commencée.

Pourquoi ? Parce que, comme il est dit plus loin dans l'oraison sacerdotale : « la vie éternelle, c'est qu'ils te connaissent toi le seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » Jean, XVII, 3.

« Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant la fondation du monde » Jean, XVII, 24. Pour voir la gloire du Christ il faut être où il est lui-même déjà par le sommet de sa sainte âme, dans le ciel. Il le dit lui-même : « Personne n'est monté au ciel, si ce n'est celui qui est descendu du ciel, le Fils de l'homme qui est dans le ciel » Jean, III, 11-13.

Dans le même sens Jésus a dit : « En vérité, en vérité, je vous l'affirme, quiconque gardera ma parole ne verra jamais la mort » Jean, VIII, 51, et au tombeau de Lazare : « Je suis la résurrection et la vie..., celui qui croit en moi, fût-il mort, vivra ; quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais » Jean, XI, 25-26. Voilà la plénitude de la révélation annoncée de loin par Job, par le Psalmiste, par Isaïe, par Daniel, par le livre des Machabées et par celui de la Sagesse. Ce n'était alors qu'un ruisseau ; maintenant c'est un fleuve immense qui va se perdre dans l'océan infini de la vie divine.

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Message par ami de la Miséricorde le Dim 26 Avr - 21:03

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vie éternelle selon le Nouveau Testament


Jésus dit encore que « la porte étroite et le chemin étroit (de l'abnégation) mènent à la vie », à la voie sans mesure qui conduit à Dieu. Le Seigneur appelle tous les hommes à travailler à sa vigne et il donne sa propre béatitude en récompense, même aux ouvriers de la dernière heure (Matth., XX. 1-6).

La récompense c'est Lui-même, bien qu'il y ait « plusieurs demeures dans la maison du Père céleste » (Jean, XIV, 2) selon les mérites ou le degré de charité de chacun.

Cette doctrine de Jésus est encore précisée par saint Paul et saint Jean dans leurs épîtres.

C'est de la béatitude éternelle que parle Paul dans la Ie aux Corinthiens, II, 9 : « Ce sont des choses que l'œil n'a point vues, que l'oreille n'a point entendues, et qui ne sont pas montées au cœur de l'homme, des choses que Dieu a préparées pour ceux qui l'aiment. Dieu nous les a révélées par l'Esprit, car l'Esprit sonde tout, même les profondeurs de Dieu ».

Plus nettement encore saint Paul dit dans cette même épître I Cor., XIII, 8 : « La charité ne périt jamais. Les prophéties prendront fin, les langues cesseront, la science (imparfaite) disparaîtra. Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons imparfaitement, mais quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra...

Aujourd'hui nous voyons (Dieu) dans un miroir, d'une manière obscure, énigmatique, mais alors nous le verrons face à face ; je ne connais maintenant Dieu qu'imparfaitement, mais alors je le connaîtrai comme je suis moi-même connu de lui », c'est-à-dire d'une connaissance immédiate et parfaitement lucide, je le verrai comme il se voit, non plus dans un miroir, de façon obscure, énigmatique, mais face à face, facie ad faciem.

Saint Jean parle de même dans sa Ie Épître, III, 2 : « Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; mais nous savons que lorsque ce sera manifesté, nous serons semblables à Dieu, parce que nous le verrons tel qu'il est, videbimus eum sicuti est ».

L'Église a défini que cette doctrine révélée doit s'entendre d'une vision immédiate de l'essence divine, sans l'intermédiaire d'aucune créature préalablement connue.

En d'autres termes par le regard de l'intelligence nous verrons Dieu mieux que nous ne voyons de nos yeux de chair les personnes avec lesquelles nous parlons, car nous le verrons clairement comme un objet plus intime à nous que nous-mêmes.

Ici-bas nous connaissons surtout de Dieu ce qu'il n'est pas, nous savons qu'il n'est pas matériel, changeant, limité ou borné, nous le verrons alors tel qu'il est, en sa Déité, en son essence infinie, en sa vie intime, commune aux trois Personnes, et dont la grâce, surtout la gloire ou grâce consommée, est une Participation, puisqu'elle nous donnera de le voir ainsi immédiatement comme il se voit, de l'aimer comme il s'aime et de vivre éternellement de Lui.

Tel est l'enseignement de la Révélation sur la vie éternelle, manifestation de la bonté divine et fin du gouvernement de Dieu. Voyons brièvement ce que la théologie ajoute dans son balbutiement pour nous faire mieux entendre ce mystère.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Lun 27 Avr - 21:58

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vision béatifique et l'amour de Dieu qui en résulte


La théologie apporte ici un peu de lumière en comparant la béatitude naturelle à celle que seule la grâce consommée peut nous donner.

Si Dieu nous avait créés dans un état purement naturel, avec un corps mortel et une âme immortelle, mais sans la vie surnaturelle de la grâce, même alors notre fin dernière, notre béatitude, aurait consisté à connaître Dieu et à l'aimer par-dessus tout, car notre intelligence est faite pour connaître la vérité et par-dessus tout la Vérité suprême, et notre volonté est faite pour aimer et vouloir le bien et par-dessus tout le Souverain Bien.

Si nous avions été créés sans la vie surnaturelle de la grâce, les justes auraient eu pour récompense dernière de connaître Dieu et de l'aimer, mais ils ne l'auraient connu que du dehors pour ainsi dire, par le reflet de ses perfections dans les créatures, comme les plus grands philosophes de l'antiquité l'ont connu, sans doute d'une façon plus certaine et sans mélange d'erreurs, mais enfin d'une connaissance abstraite, par l'intermédiaire des choses, dans le miroir des choses créées.

Nous aurions connu Dieu comme cause première des esprits et des corps et nous aurions énuméré ses infinies perfections connues analogiquement par leur reflet dans l'ordre créé. Nos idées des attributs divins seraient restées comme des petits carrés de mosaïque incapables de reproduire parfaitement sans la durcir la physionomie spirituelle de Dieu.

De même nous aurions aimé Dieu comme l'auteur de notre nature, d'un amour fait d'admiration sans doute, de respect, de reconnaissance, mais sans cette douce et simple familiarité qui est au cœur des enfants de Dieu. Nous aurions été ses serviteurs, non ses enfants.

Déjà pourtant cette fin dernière naturelle est très haute. Elle ne saurait produire la satiété, pas plus que notre œil ne se lasse de voir l'azur du ciel. De plus c'est une fin spirituelle qui, à la différence des biens matériels, peut être possédée par tous et chacun, sans que la possession de l'un nuise à celle de l'autre et engendre la jalousie.

Mais cette connaissance abstraite et médiate de Dieu eût laissé subsister bien des obscurités, en particulier sur la conciliation intime des perfections divines. Nous nous serions toujours demandé comment se peut concilier la toute-puissante bonté et la permission divine du mal, comment peuvent s'accorder intimement l'infinie miséricorde et l'infinie justice.

L'intelligence humaine n'aurait pu s'empêcher de dire : si pourtant je pouvais le voir ce Dieu, source de toute vérité et de toute bonté, d'où s'échappe la vie de la création, la vie des intelligences et celle des volontés !

Ce que la raison la plus puissante ne peut découvrir, la Révélation nous l'a fait connaître. Elle nous a dit que notre fin dernière consiste à voir Dieu immédiatement face à face, et tel qu'il est, sicuti est, à le connaître non plus seulement du dehors, mais intimement comme il se connaît, et à l'aimer comme il s'aime. Elle nous dit que « nous sommes prédestinés à devenir conformes à l'image de son Fils unique, pour que celui-ci soit le premier-né entre plusieurs frères » (Rom., VIII,. 29). Dieu n'était pas tenu en nous créant de nous faire participer à sa vie intime, de nous appeler à le voir immédiatement, mais il le pouvait, et par pure bonté il l'a voulu, en faisant de nous ses fils adoptifs.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Mar 28 Avr - 21:16

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vision béatifique et l'amour de Dieu qui en résulte


Nous sommes donc appelés à voir Dieu, non pas seulement dans le miroir des créatures si parfaites soient-elles, non pas seulement par son rayonnement dans le monde des anges, mais à le voir immédiatement, sans l'intermédiaire d'aucune créature, mieux même que les personnes que nous voyons de nos yeux, car Dieu, étant tout spirituel, sera intimement présent dans notre intelligence qu'il éclairera et fortifiera pour nous donner la force de le voir (Cf. S. Thomas, Ia, q. 12, a. 2).

Entre lui et nous il n'y aura même pas l'intermédiaire d'une idée, car cette idée créée ne pourrait représenter tel qu'il est en soi le pur éclair intellectuel éternellement subsistant qu'est Dieu, et sa vérité infinie. Nous ne pourrons exprimer notre contemplation par aucune parole, même par aucune parole intérieure, comme lorsqu'on est absorbé par la vue d'un spectacle sublime il est impossible de l'exprimer. Une seule parole peut dire ce qu'est Dieu tel qu'il est en soi : la parole éternelle et substantielle du Verbe.

Cette vision de Dieu face à face l'emporte infiniment sur la plus haute philosophie. Ce ne seront plus des concepts des attributs divins, ces concepts qui font penser aux petits carrés de mosaïque. Nous sommes appelés à voir toutes les perfections divines intimement conciliées, identifiées dans leur source commune, dans la Déité, ou vie intime de Dieu ; à voir comment la Miséricorde la plus tendre et la justice la plus inflexible procèdent d'un seul et même amour, infiniment généreux et infiniment saint, comment la même qualité éminente d'amour identifie en soi des attributs en apparence si opposés ; à voir comment la Miséricorde et la justice s'unissent dans toutes les œuvres de Dieu.

Nous sommes appelés à voir comment cet amour, même en son bon plaisir le plus libre, s'identifie avec la pure sagesse, comment il n'y a rien en lui qui ne soit sage, et rien dans la sagesse qui ne se convertisse en amour. Nous sommes appelés à voir comment cet amour s'identifie avec le Souverain Bien toujours aimé de toute éternité, comment la divine Sagesse s'identifie avec la Vérité première toujours connue, et comment toutes ces perfections ne font qu'un dans l'essence même de Celui qui est.

Nous sommes appelés à contempler cette éminente simplicité de Dieu, pureté et sainteté absolues, à voir l'infinie fécondité de la nature divine s'épanouissant en trois Personnes, à contempler l'éternelle génération du Verbe, « splendeur du Père et figure de sa substance », à voir l'ineffable spiration du Saint-Esprit, terme de l'amour commun du Père et du Fils, qui les unit éternellement dans la plus absolue diffusion d'eux-mêmes. « Bonum est essentialiter diffusivum sui » le bien est essentiellement diffusif de soi dans la vie intérieure de Dieu, et c'est librement qu'il répand ses richesses au dehors.

Nul ne peut exprimer la joie qu'engendrera pareille vision, ni l'amour qui en résultera en nous, amour de Dieu si fort, si absolu, que rien ne pourra désormais non seulement le détruire mais l'amoindrir, amour fait sans doute d'admiration, de respect, de reconnaissance, mais surtout d'amitié, avec la simplicité et la sainte familiarité qu'elle implique. Par cet amour nous nous réjouirons surtout que Dieu soit Dieu, infiniment saint, juste, Miséricordieux, nous adorerons tous les décrets de sa providence en vue de la manifestation de sa bonté, et nous nous subordonnerons pleinement à Lui.

Source : Livres-mystiques.com

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Message par ami de la Miséricorde le Mer 29 Avr - 21:46

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CHAPITRE VI
LA FIN DU GOUVERNEMENT DIVIN

La vision béatifique et l'amour de Dieu qui en résulte


Cette connaissance et cet amour tout surnaturels ne seront possibles que par la grâce qui surélèvera nos facultés et qui, à la racine même de nos facultés, en l'essence même de notre âme, sera pour toujours comme une greffe divine que rien ne pourra plus nous faire perdre. Cette grâce consommée, qu'on appelle la gloire, sera vraiment une participation inamissible de la nature même de Dieu, de sa vie intime, puisqu'elle nous donnera de le voir comme il se voit et de l'aimer comme il s'aime.
Telle est fort imparfaitement exprimée la vie éternelle, à laquelle nous pouvons aspirer parce que par le baptême nous en avons reçu le germe, la grâce sanctifiante, semen gloriæ.

C'est là la fin du gouvernement divin, la manifestation de la bonté divine qui nous donnera et nous conservera l'éternelle béatitude. Alors se réalisera la parole : « Dieu nous a prédestinés à devenir conformes à l'image de son Fils unique, pour qu'il soit le premier-né entre plusieurs frères » Rom., VIII, 29, pour que Fils par nature, il soit le premier-né entre plusieurs frères, enfants de Dieu par adoption.

Ce sera l'accomplissement parfait de la parole de Jésus : « Père, je veux que là où je suis ceux que tu m'as donnés soient aussi avec moi, afin qu'ils voient ma gloire, la gloire que tu m'as donnée, parce que tu m'as aimé avant là fondation du monde » Jean, XVII, 24. Cette gloire du Christ est la suprême manifestation de la bonté divine et en même temps pour lui et pour nous la béatitude qui ne finit pas, mesurée comme celle de Dieu, au-dessus du temps, qui s'écoule, par l'unique instant de l'immobile éternité.

Concluons avec saint Paul : « C'est pourquoi ne perdons pas courage, ayons confiance ; bien qu'en nous l'homme extérieur dépérisse et se corrompe, cependant l'homme intérieur se renouvelle de jour en jour, car le moment si court et léger de nos afflictions produit en nous, au delà de toute mesure, un poids éternel de gloire » II Cor., IV, 17.

Le vœu d'abandon

Plusieurs âmes intérieures, dans des périodes fort douloureuses, ont trouvé la paix et même la joie, bien que les circonstances restassent très pénibles, en recevant du Seigneur l'idée de faire le vœu d'abandon à la Providence.

Pour les âmes qui y sont portées par la grâce, et qui sont fermement décidées à ne pas séparer l'abandon de la fidélité quotidienne, ce vœu peut être ainsi conçu et renouvelé tous les jours à l'action de grâce : « Devant toutes les volontés de Dieu crucifiantes, me livrer entièrement avec une note de joie, sans regarder les « instruments ».

« Dans les difficultés plus ou moins angoissantes, éviter les retours, les repliements sur moi-même, les préoccupations creuses ; me plonger dans la confiance, et chercher à dénouer les difficultés sous l'action de la grâce.

« Arriver à prendre cette attitude d'âme, à me jeter profondément en Dieu, dès qu'une chose me blesse. Tout cela avec un très grand amour ».
Cette abandon doit s'accompagner d'une grande fidélité à la grâce et aux lumières obtenues par la prière.
FIN

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